Gros, p
3. Kps missionnaires l'appelleul Civundono. Do/io équivaut à Seigneur. Ciiutn estla transcriplion de h'iiuui, nom pris par Yoshishige quand il abdiqua (SriiicnErv, p. 123^. Jl est plus connu dans l'histoire sous le nom de Sorin, Sourin.
k. \nn;ilisle de Macao, Cl.os, t. H, p. 'l5.
5. La Mazilikhi , t. l!l, p. 29, t/J. Mukooch fp. 58, GO), parlant des troubles du Bungo, rapporte doux paiTiciiles de ce genre dans l'histoire des Oliolomo. Pour ce qui est du père de Yoshishige. l'historien attribue le meurtre à dos conspirateurs qui agissaient, non à 1 instigation, mais iu profil du jeune prince. Cf. Haas, p. 201, 202.
AU BUNGO 227
au Japon, peut avoir incliné les uns à l'indulgence, mais aussi avoir inspiré à d'autres plus d'une calomnie. A coup siir, l'accusation de parricide cadre mal avec ce que nous savons par ailleurs du jeune prince.
Les marchands lui avaient déjà fait connaître le christianisme. Il savait par eux quel était ce prêtre de leur nation qui, depuis deux ans, allait et venait à travers le Japon, préchant une foi nouvelle. Un saint et un savant, un homme « descendu du ciel », disait la renommée, un homme fort en crédit auprès du gouverneur des Indes, ajoutaient les Portugais. A quoi les bonzes répliquaient, paraît-il, que c'était un magicien, un pauvre, un mendiant, un homme de rien'. Mais le prince tenait à entretenir Xavier. « J'ai grand désir de vous voir, lui avait-il écrit, et de causer intiinement avec vous. Je suis tout à l'émotion que me donne l'espérance de votre prochaine arrivée 2. »
1. PiNTO, ch. 209, prête aux bonzes cette aménité : « La vermine dont il est couvert a pitié de lui, tant il est misérable et ne veut plus le mordre. » Faut-il prendre au sérieux cette « couleur locale » ?
Nous nous retrouvons donc ici encore en face de Mendez Pinto. Au séjour de Xavier chez le prince de Bungo, il consacre lea chapitres 208 à 213 de ses voyages. C'est à lui que Tursellini, Lucena, Bartoli doivent le récit pittoresque de la réception du saint chez le daimyô et de ses longues controverses avec les bonzes. Malheureusement tout ce qui nous vient de Pinto est suspect : nous avons dit ailleurs quelles raisons sérieuses on a de ne pas le croire sur parole. Ici la difficulté s'accroît de ce que, pour contrôler les dires de ce témoin oculaire, nous n'avons que deux ou trois lignes de François lui-même {Mon. Xaç., p. 691-692), des récits très succincts de Valignano (p. 138-189), de Frois (Ckos, II, p. 149) et de l'Annaliste de Macao (p. 151-152), avec une allusion rapide du Père Gago (lettre à Jean III, 10 sept. 1555, Carias de Japào, Evora, 1598, t. I, p. 42; cf. Delplace, I, p. 40). Ce silence, joint aux invraisemblances éparses dans le récit de Pinto, et surtout à sa réputation méritée de faussaire, impose à son égard une grande défiance. De plus, V^alignano, qui, en 1601, écrivait son Del principio y progressa de la Religion christiana en Japon [British Muséum, Additional Manuscripis, n. 9857, [Marsdtn MSS], ch. 4 ; — cf. Gros, II, p. 6-8), ne fait pas la moindre allusion aux faits racontés par Pinto. Il devait les connaître cependant, puisque Tursellini dans sa seconde édition (1596), et Lucena en 1600 avaient utilisé les récits encore manuscrits du voyageur. Valignano s'en tient à Maffei, qui les ignore. Par ailleurs, à part quelques corrections insignifiantes, nous ne voyons pas que les missionnaires aient protesté contre ces emprunts faits à une source déjà cependant tenue pour suspecte. L'Annaliste de Macao (Gros, II, p. 45) a sur Pinto des paroles sévères, mais il ne corrige pas sa narration des faits dont le Bungo a été le théâtre. En 1620, un missionnaire, envoyant à Rome des observations sur VHistoria S. J. d'Orlandini, arrivé au livre X, n. 117, simple résumé de la Peregrinaçâo, se contente de modifier un nom propre (Delplace, I, p. 41). Il semble, jusqu'à preuve du contraire, que les Jésuites du Japon aient accepté dans leur ensemble les récits de Pinto, quitte à protester contre certains détails. G'est aussi ce que nous ferons ici, conservant au moins provisoirement les grandes lignes de la narration, mais élaguant les détails suspects. Geux qui regretteraient ces pages pittoresques et vivantes les retrouveront dans presque tous les biographes antérieurs.