‹ Saint François XavierChapitre 602 sur 820 · Annaliste de Macao, Gros, p · texte numérisé non relu

Annaliste de Macao, Gros, p

François débarqua entre le petit port de Fiji, où était le vaisseau portugais, et Fucheo, chef-lieu de la province où résidait le daimyô '. Les marchands lui firent une si brillante réception^ que, quatre ans plus tard, le Père Gago pouvait écrire à Jean IIÏ : « Voilà ce qui nous a relevés dans l'esprit du peuple. Le public a compris de quelle estime jouissent ceux qui vont enseignant le chemin du salut 3. y)

Peu après, Xavier était admis à l'audience du prince. « Le duc, nous dit simplement le saint dans sa correspondance, m'a très bien reçu, et les Portugais m'ont fort consolé '. » Valignano n'est pas beaucoup plus prolixe: « Arrivé au Bungo, il traita avec le roi de ses projets, en fut bien accueilli, car il savait par les Portugais ce qu'était le Père, et en quel respect ils le tenaient^. » Le prince « fut extrêmement joyeux, dit de son côté le Père Frois, de voir le Père, et, quoique jeune encore en ce temps, il sut apprécier et honorer ses mérites. Les Portugais l'avaient, il est vrai, renseigné et insiruit. Jamais encore roidu Japon ne s'était montré aussi alïectionné aux Portugais et aux prédicateurs évangéliques ^ ».

Au dire de Mendez Pinto, les voyageurs transformèrent cette première audience en une sorte de démonstration triomphale : barques pavoisées et chargées de musiciens, les matelots et lascarinsen grande tenue, le saint en surplis et étolede velours vert, les officiers et marchands portant les insignes, missel, madone, sandales de cérémonie, parasol, etc. Puis défilé à travers la ville, foule immense jusque sur les toits, exercices militaires de

1. Gros, p. l'iO (P. Frois); p. 151-154 (Ann. Macao). — Fucheo, aujourd'hui Fonnaï, ou encore Oïta^ du nom de la province dont cette ville est chef-lieu [Oïta-Ken). — Ft'7, ou /yj/'t, est à 25 ou 30 kilomètres au nord, sur une petite rivière. Pinto donne au lieu où Xavier débarqua le nom de Punln.rau.

2. Résumé de la relation de Pinio : Xavier débarque malado, souffrant de la tête, les pieds enflés, incapable d'aller plus loin. Les marchands avertis se hâtent vers lui, mais le trouvent déjà en roule, portant son bagage. Il refuse le cheval qu'on lui offre, et tous gagnent le port. — Grandes décharges d'artillerie. Le daimyô entend le bruit, croit qu'il s'agit d'une attaque de pirates, propose des secours, apprend que c'est le Père François qui vient d'arriver et qu'on salue. Il envoie une jonque et des officiers lui souhaiter la bienvenue et lui remettre une lettre. Le texte de ce billet donné par Pinto est jugé faux par les experts (Haas, I, p. 198).

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