‹ Saint François XavierChapitre 603 sur 820 · Gros, p. IW · texte numérisé non relu

Gros, p. IW

AU BUNGO 229

soldats japonais à la porte du château. Dans le palais, toutes 1ns salles encombrées de nobles en costume d'apparat, trois ou quatre échanges de compliments dont on nous donne le texte d'un style plus oriental que nature. Le daimyô impatient de voir le Père, l'empêchant de faire les prostrations d'usage et s'inclinant lui-même par trois fois jusqu'à lerre^ Après cela, autres compliments, traits cinglants décochés par le prince ù l'adresse des bonzes, répliques insolentes d'un moine, etc., etc. ^

Nous ne saurions dire ce qu'il y a de vrai dans ce tableau, mais rien ne nous empêche d'admettre la suite, Xavier se mettant sans tarder à la prédication, les conversions qui commencent, le temps de l'apôtre tellement pris par les indigènes que les Portugais ne peuvent l'aborder et se plaignent qu'il ne se réserve aucun loisir pour les repas et le sommeil. Très vraisemblable aussi, l'influence exercée, nous dit-on, par le saint sur le prince, les bonzes tenus à distance, l'éloignement momentané de certains personnages équivoques, des mesures prises contre l'infanticide, l'espoir fondé d'une conversion prochaine^.

Peut-être faut-il mettre à cette date un fait raconté au procès de canonisation. Un nommé Dominique Caldeira, quatre-vingt dix-huit ans, qui disait avoir été au service de Xavier à Malacca,au Japon, en Chine, lui avoirservilamesse,avoirdislribué ses aumônes, racontait en 161G : « Je me trouvai au Japon en même temps que le Père François. Un dimanche, il achevait un sermon auquel avaient assisté des chrétiens et des infidèles; survint un marchand aveugle, bien connu du public; on savait que son infirmité datait de longues atinées. 11 demanda à être guéri. Ledit Père récita sur lui un Évangile, fit le signe de la croix et aussitôt, au moment même, les yeux s'ouvrirent, l'aveugle vit et le Père lui dit de retourner chez lui. Le lendemain, le miraculé, les yeux ouverts et clairs, revint à l'église cherchant le

1. Ce trait surtout a paru iavraisembluhle aux Japonisants (îiaas). D'anciens biographes n'ont cru pouvoir l'expliquer qu'on supjiosant que le daimyô avait vu en Xavier quelque chose d'extraordinaire, qui avait échappt^ aux courlisans.

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