‹ Saint François XavierChapitre 621 sur 820 · LucENA, 1. IX, ch. 17; — Bartoli, 1. III, n · texte numérisé non relu

LucENA, 1. IX, ch. 17; — Bartoli, 1. III, n

en musc et en soieries, la valeur de trente mille écus à réaliser sur le marché de Goa^

Xavier l'en récompensa en guérissant un de ses fils, âgé de trois ans, qui avait par jour plusieurs crises d'épilepsie. Six ans après, au procès de béatification, des témoins assurèrent que le mal n'avait pas reparu-.

Entre les mains du Père Ferez, Xavier dut trouver un abondant courrier des Indes, des Moluques, de l'Europe. Mais surtout il y avait une lettre, aujourd'hui perdue, qui le combla de joie.

En quels termes Ignace lui écrivait-il? nous ne savons^. La correspondance du saint fondateur est celle d'un homme qui sait le prix des paroles, lettres d'affaires plus que d'épanchemeiits, toujours sobres et contenues. Mais un mot d'austère tendresse suffisait à ses fils. Ils savaient que, pour ne pas se répandre en longs développements, son amour n'en était pas moins profond.

« Mon vrai père, lui répondit Xavier dès qu'il le put, j'ai trouvé à Malacca une lettre de votre sainte charité. Dieu Notre-Seigneur sait quelle joie c'a été pour moi d'avoir des nouvelles d'une santé et d'une vie si chères. Entre tant de saintes paroles et consolations de votre lettre, ces derniers mots : « Tout à vous, « sans que jamais je vous puisse oublier, Ignace », je les ai lus les larmes aux yeux, et je pleure encore en les écrivant. Je me ressouviens du temps passé, du grand amour que vous eûtes, que vous avez encore pour moi; je considère que si Dieu Notre-Seigneur m'a délivré de nombreux périls et misères au Japon, c'est aux prières de votre charité que je le dois. »

Quant à sa nomination de provincial, François ne put s'empêcher de se plaindre. Gomment, sur ses faibles épaules, mettre une charge aussi disproportionnée? Jamais, à l'en croire, il n'a senti à ce point son peu de forces spirituelles. Ge sens douloureux, c'est une grâce que Dieu lui a naguère accordée, pour le bien des Japonais. Son apostolat lui a été une révélation. « Dieu

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