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population européenne, 200 hommes, parvint à s'enfermer dans la forteresse. Ce fut la famine. Enfin quelques navires restés intacts parvinrent à forcer le blocus et s'éloignèrent en quête de vivres. Le bruit se répandit chez les confédérés qu'ils allaient ravager les villes voisines. La débandade commença, chacun voulant retourner protéger ses terres. Survinrent trois vaisseaux portugais qui bombardèrent le quartier général des Malais, et l'expédition triomphante du sultan de Bintang s'acheva en déroute. C'était là cette grande détresse de Malacca, qui, au Japon, arracha,it à Xavier des soupirs de pitié ^
Le missionnaire n'avait pas le temps de s'arrêter pour panser toutes ces plaies. L'Inde l'appelait, et le vaisseau d'Antoine Pereira l'attendait en rade. 11 put du moins encourager le Père Perez. Il le trouva épuisé, car il avait largement payé de sa personne durant le siège 2. Il avait beaucoup travaillé au relèvement moral des Malaquais. Ceux qui revenaient vers ce tempslà des Moluques disaient ne plus reconnaître la ville dissolue d'autrefois 3. Les châtiments de Dieu avaient fait leur œuvre, mais Perez avait collaboré à l'action divine. Il remplissait exactement le programme que Xavier lui avait tracé. Quant au « collège », ce n'était encore qu'une grosse école primaire où l'on enseignait à lire et à écrire^.
Le saint devait une visite au capitan, don Pierre da Silva da Gama, qui l'avait si efficacement aidé en son voyage du Japon. Il le trouva en compagnie de son frère don Alvaro de Ataïde, qui, revenu l'année précédente du Portugal, attendait l'heure de prendre à son tour le commandement de Malacca^. Les deux frères, mis au courant du projet d'ambassade combiné par Xavier et Pereira, y applaudirent sans réserve*^. Sur quoi, assuré d'être soutenu en haut lieii, le marchand mit à la disposition du saint,
1. Pour le détail du siège, do Gouto, Dec. VI, 1. IX, ch. 5 à 9; — Andrada, Cronica, P. IV, ch. 78. Les dates, 3 juiIlet-16 octobre sont données par le Père Pérez (Gros, II, p. 'il6). Les chroniqueurs mettent le début du blocus le 11 juin. Lucena (1. IX, ch. 16) donne, comme dates extrêmes, 5 juin-16 septembre. Bartoli (III, n. 42) dit que la délivrance définitive n'eut lieu qu'en novembre.