Mon. Xav., p
3. Ce courrier comprend trois pièces : 1* la lettre 99, à saint Ignace, 29 janvier (p. 667- 675) : on a l'autographe; — 2» la lettre 100, à la Compagnie en Europe, 29 janvier (p. 675-697) : on a une copie originale, c'est-à-dire où la signature est de la main du saint; — 3° la lettre 101, à Simon Rodriguez, 30 janvier (p. 697-701). Le Père Gros (t. Il, p. xxxiv), estime que ce dernier texte est une rédaction abrégée du no 110, 7 avril 1552. Cependant l'éditeur des Monumenta (p. 699) ne le met pas parmi les apocryphes.
Il est certain qu'à cette date Xavier écrivait au Père Simon, et il comptait lui dire de n'envoyer au Japon que des hommes approuvés par Ignace (Ep. 99, n. 7). Or ce détail ne se lit pas dans le texte en question. Cela no suffit pas pour le rendre suspect : Xavier a fort bien pu, en écrivant sa lettre, oublier une idée qu'il avait l'intention d'exprimer. Par ailleurs, ce numéro 101 contient certains traits qui ne sont pas dans le n" 110 (ainsi la dernière phrase relative à la Pêcherie et au Père Enriquez). Enfin les ressemblances entre les deux lettres ne sont pas telles que leur dépendance soit évidente. Rien n'empêche que Xavier ait exprimé deux fois de suite au même correspondant les mêmes idées et les jnémes déairs, à une époque où le service postal était si primitif. Un véritable abrégé aurait, jnous semble-t-il, conservé davantage les expressions du texte premier.
Mais il se vit comme pris d'assaut par les flots de visiteurs. Beaucoup s'en retournaient, qui ne devaient plus le revoir icibas. Tous voulaient, après cette longue absence, l'entendre parler de son voyage, de ses conquêtes, des Japonais. « Une foule d'amis, écrit-il, viennent à chaque instant m'interrompre et je rédige cette lettre, bousculé, sans pouvoir mettre les choses en ordre, à bâtons rompus'. »
Sa première visite fut pour don Alphonse de Noronha, le nouveau gouverneur général, qui se trouvait à Gochin et lui fit bon accueil. 11 lui présenta sans doute l'ambassadeur du prince de Bungo, parla de ses projets sur la Chine et des offres de Pereira. Le gouverneur accepta tout et promit les lettres de créance nécessaires 2.
Cependant de graves sujets de tristesse s'offrirent à lui dès les premiers jours. Au cours du voyage ou à Cochin, il avait rencontré deux missionnaires que lui-même, trois ans auparavant, confiant en leur vertu, avait envoyés aux Moluques, le Père Manuel Moralez et le frère François Gonçalez. Ils revenaient aux Indes, congédiés par le Père Jean de Beira. Et Xavier d'écrire au Père Paul de Gamerino : « Ils n'entreront plus au collège. Vous défendrez à tous ceux de la maison d'avoir aucun rapport avec eux. Ce m'est très dur à moi d'avoir des raisons de les renvoyer ; et plus dur encore, d'avoir à craindre que d'autres les suivent. DieuNotre-Seigneursait combien. cette lettre me coûte à écrire. Je croyais trouver ici quelque consolation, après tous mes labeurs; et je ne trouve que labeurs nouveaux et bien pénibles, procès, démêlés avec la population, toutes choses qui n'édifient guère. D'obéissance, peu ou point, d'après ce que je vois depuis que je suis ici. Dieu soit loué en tout^, »
A Cochin, des maladresses avaient été commises. Lorsque, en avril 1549, il quittait cette ville, la fondation d'un collège y était décidée en principe. Il avait ordonné au Père Gomez d'y envoyer quelqu'un des Pères qui arriveraient de Portugal à Tautomne. Il fallait à Gochin un bon prédicateur '. Personne n'étant