Ibid., p
venu cette année-là, les Pères François Enriquez et Ballhazar Gago furent destinés à commencer l'œuvre projetée. Enriquez, ancien avocat et homme d'affaires, prépara l'ouverture du collège, recueillit des aumônes et fît choix d'un emplacement^ A côté se trouvait l'église de la Mère de Dieu, appartenant aux confrères delà Miséricorde: ils la mirent à la disposition des Pères. D'où vint l'idée de transformer ce prêt en donation pure et simple ? Des confrères eux-mêmes-? de la ville ^? de l'évéque^ ? Le Père Valignano a lout l'air d'en rendre responsable le Père Gomez en personne^. Quoi qu'il en soit, le projet plut au recteur; il mit dans ses intérêts le gouverneur et l'évêque, et la donation futconfirmée. Bientôt les réclamations éclatèrent. A la tête des opposants, était le vicaire épiscopal de Gochin, don Pierre Gonçaivez, grand ami pourtant de Xavier 6.
Le débat fut porté à Goa. Or Antoine Gomez passait pour être très influent sur le gouverneur d'alors, Georges Cabrai. On rendait le Jésuite responsable de toutes les fautes du magistrat. Il avait même dit, assurait-on, parlant d'après une révélation céleste, que Cabrai resterait sept ans en charge, et que tous ses successeurs, envoyés de Lisbonne durant cette période, mourraient en route. Il dut se justifier en chaire de cette extravagance^. Reste que Cabrai soutenait les prétentions du recteur et menaçait même de prison les opposants de Gochin^.
En même temps, sans attendre les autorisations de la cour, Gomez faisait bâtir un vaste édifice. Le public se scandalisa de tantde dépenses ; des murmures, on passa aux voies défait, et, un beau matin, les Pères trouvèrent leur jardin saccagé et tous les palmiers coupés 9.
Sur ces entrefaites, arriva un nouveau vice-roi, Alphonse de Noronha (octobre 1550). Mis au courant des conflits, il distribua à chacun sa part de blâme, reprocha à la ville tout le bruit