‹ Saint François XavierChapitre 628 sur 820 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'iNDE pendant l'absence de FRANÇOIS

Du cap Comorin ne vinrent à saint François Xavier que de bonnes nouvelles. Sans doute, le Père Criminale était mort ; mais le nombre des chrétiens grandissait. Il pouvait être, sur l'une et l'autre côte, d'environ 50.000, en 30 églises' . Pour cultiver ce vaste champ de travail, les trois Pères Henri et François Enriquez et Paul de Yalle avaient, comme auxiliaires, chacun son frère coadjuteur, des prêtres indigènes et huit ou dix catéchistes-.

Ces derniers, choisis parmi les plus fervents chrétiens, n'étaient admis à ce poste de confiance que s'ils montraient une vraie vocation apostolique. On les payait pour être plus sûr de leur docilité ; mais leur zèle faisait l'admiration des Portugais, Étant tous de la même caste, ils se soutenaient entre eux. Le supérieur ne craignait pas de dire que, si les prêtres disparaissaient, les catéchistes suffiraient pendant un temps à conserver et à propager la foi^.

Grâce à eux, de notables progrès purent être faits dans l'organisation de l'apostolat. Les procédés sommaires d'autrefois étaient toujours en usage en certains quartiers de l'Inde : baptiser d'abord, instruire ensuite. Le vicaire épiscopal de Cochin se félicitait de baptiser parfois mille et quinze cents païens en un

1. En 1549, Gomez portait le nombre des chrétiens à 30.000 pour « le cap Comorin ». En 1551, un ordre de Lisbonne provoqua un recensement partiel. On trouva 40.000 baptisés, sans compter ceux des stations un peu éloignées (Polanco, t. II, p. 406). A la fin de 1552, on estimait qu'il pouvait y avoir en tout 60.000 fidèles (ibid., p. 760; — Diversi y4(^t«t, Venise, 1558, fol. 116, lettre du Père B. Gago).

Page 1