‹ Saint François XavierChapitre 629 sur 820 · Polanco, t. II, p · texte numérisé non relu

Polanco, t. II, p

l'iNDE pendant l'absence de FRANÇOIS 257

jour, en tout cent vingt mille en trois ans. Le document qui nous donne ce détail ajoute : « 11 n'y a pas lieu de s'étonner que, vicaire et prêtre, il ait agi ainsi. Les soldats qui, vers 1500, fréquentaient ces côtes, et fondaient partout des forteresses, conféraient le baptême aux indigènes prisonniers. D'autres étaient amenés à la foi par la crainte, ou l'espérance de quelque profit immédiat, ou autres motifs peu surnaturels... Ils ne savaient quasi rien de la doctrine chrétienne. Avec cette ignorance, avec leurs habitudes de péché, il leur eût été presque meilleur de n'être pas baptisés que, baptisés, de vivre en païens. Cet abus ne fut pas seulement celui des premiers temps, il dure encore. Les prêtres baptisent les infidèles « à la militaire » et les instruisent peu ou point'. »

C'est que, nous le savons par la vie qu'avait menée Xavier à la Pêcherie, l'instruction des néophytes exigeait un travail énorme. Saint Ignace, consulté sur la méthode à suivre, répondit (11 octobre 1549), sans blâmer qui que ce fût, mais en conseillant de multiplier collèges et catéchuménats. Il ne s'agissait que d'étendre à toutes les chrétientés ce qui se faisait à Saint-Paul de Goa. La conséquence fut que désormais, dans les églises de la Compagnie, le catéchisme précéda le baptême au lieu de le suivre 2. Les Pères s'occupèrent moins d'augmenter le nombre des conversions que de les affermir. Celte méthode lente et sage finit par prévaloir partout : il y a longtemps que les missions n'en connaissent pas d'autre.

Henri Enriquez suivait à la lettre les prescriptions de Xavier sur l'enseignement de la doctrine. Toujours allant d'un bout de la Pêcherie à l'autre, séjournant à peu près un mois dans chaque centre, donnant deux heures le matin aux filles et autant le soir aux garçons^. Il avait organisé des examens, et l'on passait les jours et les nuits à s'y préparer''. Des chrétiens riches eurent l'idée de faire peindre à Cochin des tableaux représen-

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