‹ Saint François XavierChapitre 630 sur 820 · Polanco, t. II, p · texte numérisé non relu

Polanco, t. II, p

tant les mystères de la foi : ils eurent grand succès et partout l'on voulut avoir de ces images ^

Des églises nouvelles se bâtissaient 2, petites chaumines aussi misérables que la crèche de Bethléem, mais chères aux chrétiens. Les Paravers étaient convaincus qu'elles écartaient du pays la guerre et les autres fléaux. Tout serment prêté devant l'autel était jugé inviolable^. Les lettres contemporaines nous montrent que la foi ardente de ces braves gens transformait leurs pauvres chapelles en lieux de miracles et leurs missionnaires en thamaturges ^. Les prêtres étaient aimés, obéis. On acceptait sans difficultés les punitions qu'ils infligeaient. Les infidèles eux-mêmes leur étaient dévoués. Si les Pères prenaient la défense des néophytes contre certains Européens, à leur tour les néophytes défendaient leurs Pères contre les tyranneaux de l'intérieur ^.

Un détail a pu étonner le lecteur. Dans ces énumérations de travaux, Ton parle beaucoup d'instructions et de catéchismes, et très peu des sacrements. En fait, pendant les premières années, un gros obstacle s'opposait au complet épanouissement de la vie chrétienne chez les Paravers. Aucun missionnaire, et Xavier pas plus que les autres, ne parlait assez couramment la langue pour entendre les confessions. Les prédications se faisaient par interprètes. Avec le Père H. Enriquez, les choses changèrent et les missionnaires ne manquèrent pas de noter le progrès dans leur correspondance. « Cette année (1549 ou 1550) les néophytes ont commencé à se confesser, et il est admirable de voir combien ils progressentdans la correction de leurs mœurs^. » Les autres Pères, pour être plus vite en mesure d'imiter leur supérieur, s'imposèrent de ne parler entre eux que tamoul. Enriquez, de son côté, étendait ses études linguistiques, et se mettait au malayalam, la langue du Malabar, qui, dit une lettre

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