Ibid., p
L'impression fâcheuse produite par ces grosses fautes ne parvint pas cependant à tuer la popularité du recteur. Il n'était qu'une voix pour constater le succès de sa prédication*, et naturellement il en rejaillissait quelque chose sur les autres Pères. Jean d'Albuquerque écrivait à saint Ignace une lettre enthousiaste. Il rapportait aux missionnaires de la Compagnie tout ce qui se faisait de bien dans son diocèse. Grâce à eux, il aurait moins de purgatoire à faire. Aussi leur communiquaitil tous ses pouvoirs, et sans réserve^. A Simon Rodriguez il disait du Père Goniez qu'il « fructifiait et prêchait angéliquement^ ». Le prélat et le religieux menaient une rude guerre contre l'idolâtrie, surtout contre les brahmes^. Déjà les optimistes entrevoyaient l'heure où la colonie tout entière serait chrétienne, tant il y avait de catéchumènes au collège, qui suivaient les instructions du Père Paul de Gamerino ^. Aux nouvelles qui lui venaient des Indes, le roi répondait en multipliant les faveurs. Par un décret de 1550, il décida que dans tout l'Orient, partout où la Compagnie aurait un collège, les autorités devaient se mettre à la disposition des Pères en ce qui concernait la propagation de la foi, et les intérêts des néophytes. Si quelque missionnaire voulait pénétrer dans un pays nouveau, les ofiiciers de la couronne devaient lui faciliter l'entreprise. Ce que les Pères jugeaient nécessaire au culte ou au progrès des mœurs dans les forteresses, il fallait le leur fournir sans hésiter^. Pouvait-on pousser plus loin la bienveillance ?