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Polanco, t. II, p

5. Cet honneur est souvent attribué au Dominicain Gaspard da Cruz : mais ce vaillant ouvrier ne parut à Canton que dans le courant de 1556. Melchior Nunez avait déjà passé deux mois à Canton, prêchant et discutant en public avec les prêtres idolâtres [Epistolae japonicae, 1569, p. 154). Son séjour dans l'île de Lampacao, où les Portugais faisaient alors le commerce, dura du 3 août 1555 (Pola.nco, V, p. 715) au mois de juin 1556 (Ep. Jap., p. 168). Il était encore en Chine au moment où les Jésuites de Malacca signalent le départ de Gaspard da Cruz pour le Cambodge (Polanco, p. 723).

Les Pères se trouvaient donc pris entre les dispositions certaines du Père François, et celles de saint Ignace, moralement certaines aussi, mais sans autre attestation juridique que les affirmations d'un nouveau venu. Un compromis fut proposé et accepté. Jusqu'au mois d'octobre Paul de Camerino garderait l'autorité; tout le monde lui obéirait, Nunez excepté. Gomez abandonnait le rectorat, et, pour ne gêner personne, s'en allait à Ceylan avec le vice-roi ^ Mais, le mois d'octobre venu^ que ferait-on? Impossible de recourir à Rome. Où était le Père François? Mort peut-être. Restait à faire une élection; et il fut décidé qu'au premier moment favorable, vers février, les Pères employés dans les forteresses, s'ils pouvaient se déplacer, seraient convoqués à Goa~.

En attendant, les nouveaux venus avaient reçu chacun leur poste. A peine débarqué, Gonzalve Rodriguez avait repris la mer, et gagné Ormuz. Antoine de Eredia s'en allait recteur à Cochin. Manuel de Moralez restait à Goa, ainsi que Melchior Nunez^, Vers la mi-novembre, après une longue traversée de deux mois, le Père Barzée arriva, lui aussi, à temps pour prendre part à une mission de jubilé qui allait être donnée àla population goanaise ^.

Saint Ignace avait obtenu du pape Jules III, pour ses religieux, en quelque pays du monde qu'ils fussent, l'autorisation de faire gagner autour d'eux le grand jubilé célébré à Rome en 1550^. Melchior Nunez emporta aux Indes ces faveurs spirituelles inaccessibles jusque là en pays aussi lointains. Passant à Mozambique, il en fit profiter les habitants de l'île, l'équipage et les malades de la flotte. Maintenant c'était le tour de Goa<^.

Barzée ouvrit la station au collège et Nunez à la cathédrale. Les lettres du temps attestent qu'il se produisit alors dans la ville et au dehors, et jusque dans les stations lointaines, un grand mouvement religieux. Des gens venaient de Baçaim, de Chaul, de Cochin, de Cranganor, gagner leur jubilé à Goa..

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