‹ Saint François XavierChapitre 655 sur 820 · Proccss. Î55G, Goa, n. lô · texte numérisé non relu

Proccss. Î55G, Goa, n. lô

cette autorisation ^ Il ne s'en prévalut jamais pour lui, et toujours s'en tint au bréviaire romain-.

Parfois, en pleine conversation, Dieu l'envahissait. Il cherchait à dissimuler, il s'éloignait comme pour se cacher; mais tout trahissait le secret de son àme, ses yeux surtout qui cherchaient le ciel, et je ne sais quel éclat sur son visage, que les spectateurs ne pouvaient soutenir et qui leur faisait baisser le regard^. Le monde extérieur semblait ne plus exister pour lui. Nous l'avons vu, au Japon, ne plus sentir, en marchant, que ses pieds se déchiraient aux obstacles de la route. Dans les derniers temps, c'est tous les jours qu'on le surprenait au cours de ses longues prières, le visage en feu, les yeux pleins de larmes et comme hors de lui. Une fois, il traverse une place de Goa; un éléphant sauvage échappé se lance sur lui. On a beau crier, le saint n'entend rien et va son chemin, sans voir le danger. Soudain la bête tourne court et s'en va^.

Il avait souvent pour compagnon dans ses visites un élève indien du collège nommé André Vaz.

Devenu plus tard vicaire à Saint-Jean-Baptiste de Goa, Vaz racontait que le saint avait coutume, après ses courts repas, de s'isoler pour prier, dans la tour de l'église. Vers deuxheures de l'après-midi, le jeune homme venait le chercher et ils partaient. Or, un jour qu'ils devaient aller chezle gouverneur, il le trouva assis sur un banc, le regard fixe, le visage en feu. Il attendit, appela, Xavier ne bougeait pas. André éleva la voix, frappa du pied, cracha, fit claquer la porte, Xavier restait perdu en Dieu. Alors l'enfant s'éloigna. Deux heures après il revint. Xavier était toujours là. Au bruit, il sembla sortir d'un songe: «Est-il déjà deux heures» ? demanda-t-il. «11 est quatre heures», répondit Vaz. Le saint se leva en hâte et sortit. 11 marchait silencieux, d'un pas machinal, comme un somnambule, et si vile qu'André ne pouvait suivre. 11 allait à travers les rues, devant soi, ne sachant où. A la nuit tombante, il allait encore, au hasard. Alors il reprit le chemin du collège. «Mon garçon, dit-il

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