‹ Saint François XavierChapitre 66 sur 820 · PoiANCO, p · texte numérisé non relu

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LKS l'HliJMICES DU SACERDOCK 67

générale de l'ordre. N'en retenons que ce qui touche d'un peu prés à la vie de saint François Xavier,

C'est là, en des séances intimes, où, après les labeurs du jour, les Pères se réunissaient pour discuter, que furent définitivement fixées les grandes lignes originales de la Compagnie. L'apôtre des Indes ne connaîtra pas les Cons Ululions^ élaborées par son bienheureux Père ; mais il connaîtra la formule officielle de l'Institut, par lui et ses frères mûrement examinée dans la prière, puis présentée au pape Paul III et intercalée dans la bulle HegiminL. Aux Indes, il n'aura pas d'autre règle à faire observer.

De plus, s'il est vrai qu'entre Ignace et lui régna une étonnante conformité de vues, qu'à des milliers de lieues l'un de l'autre, en des conditions très différentes, ils donnaient aux mêmes difficultés pratiques les mêmes solutions 2, le fait s'explique par ces longs entretiens dont Ignace avait été l'âme et où ses disciples s'étaient imprégnés doucement de son esprit et de sa prudence surnaturelle.

Ajoutons que, plus d'une fois dans ces discussions, on parla de l'apostolat des gentils. Dès la première séance on demanda : « Etant donné que nous avons voué notre vie au Christ Notre- Seigneur et à son vicaire sur la terre, pour qu'on dispose de nous et qu'on nous envoie où l'on jugera notre présence plus utile, chez les Indiens, les hérétiques, les fidèles et les infidèles, quels qu'ils soient, vaut-il mieux pour nous être liés et réunis en un seul corps, si bien qu'il n'y ait pas de séparation matérielle, si grande qu'on la suppose, qui nous puisse disjoindre ? » La discussion ne dut pas être longue et la réponse fut: « Puisque le Seigneur très clément et très bon a daigné nous unir, nous faibles hommes, de patries et de mœurs si différentes, nous ne devons pas briser les liens que Dieu a formés, mais les resserrer et les fortifier toujours plus... d'autant que l'union des cœurs est, pour la vertu, une source de force et d'énergie dans la poursuite des entreprises les plus ardues^. » Nous nous souviendrons de cette déclaration quand, plus tard, dans les lettres

\. Constituliones latine et fii.tpaniie, Madrid, 1892. — Voir i"i l'appendice l<:s procèHvcrbaux de ces discussions.

2. Michel, Vie de S.Franrois Xavier, p. 455 et suiv. .}. Constit.,iK2W.

de notre saint, nous rencontrerons ses ardentes effusions d'amour pour la Compagnie et son Père Ignace, quand il déclarera que toute sa force, il la doit aux prières de ses frères restés en Europe.

Le lien de cette société sera-t-il l'obéissance ? Autrement dit, formera-t-elle un nouvel ordre religieux? Après une longue et méthodique discussion, la réponse unanime fut affirmative. Puis il fut décidé que l'obéissance au souverain pontife ferait l'objet d'un vœu spécial. Ils s'engageaient à être à son entière disposition pour toutes les missions où il leur ferait l'honneur de les employer, et ils précisaient, « en quelque pays que ce fût, aux Indes, chez les hérétiques, chez les fidèles, et chez les infidèles ».

Cette question des missions lointaines en fit surgir une autre. Ceux qui s'offriraient ainsi au pape devaient nécessairement remplir certaines conditions de talent et de savoir. Fallait-il cependant s'interdire de recevoir des compagnons de moindre mérite naturel peut-être, théologiens médiocres par exemple, mais vertueux et rachetant certaines lacunes par d'autres qualités? On ne le crut pas. A supposer même qu'ils ne fussent capables que d'une chose, prêcher aux infidèles le Christ Sauveur, ou enseigner aux fidèles le Notre Père et les commandements, on pourrait encore les recevoir, s'ils avaient le même esprit d'obéissance que les autres^ ,

La distinction capitale, dans l'institut de saint Ignace, entre les profès qui font des vœux solennels, et les coadjuteurs, prêtres ou laïcs, qui ne font que desvœux simples, était en germe dans cette décision. D'autre part, elle éclaire à l'avance certains épisodes de la vie de Xavier. Jugeant les choses à distance et un peu a priori^ il croyait, lui et ses frères, qu'au missionnaire suffisait la science d'un bon catéchiste. Bientôt il acceptera pour collaborateur un homme dont il connaît fort bien ce que, par un charitable euphémisme, il appelle la simplicité.

Simon Rodriguez partira du même principe, lorsqu'il enverra aux Indes des sujets pieux, mais peu lettrés, si bien qu'on se plaindra dans la colonie de ne recevoir que le rebut des

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