‹ Saint François XavierChapitre 660 sur 820 · Valignano, p. 144; cf. Orlandini, P. I, 1. XII, n · texte numérisé non relu

Valignano, p. 144; cf. Orlandini, P. I, 1. XII, n

quelles raisons Maître François avait sévi contre un prédicateur d'un si beau talent, et ils se rassuraient en disant : « Les fautes ont certainement été graves \ » Par ailleurs, le souvenir de l'ancienrecteur dut être pénible à certains, car on dirait qu'ils cherchaient à l'anéantir. « On ne peut, écrit le Père Gros, sans être impressionné, observer le zèle, la jalousie, l'affectation étrange que l'on mit à effacer totalement dans le premier registre des lettres des Indes, partout où il se rencontrait, le nom de Gomez ^. »

Nous ignorons quelles mesures particulières le Provincial crut devoir prendre tout d'abord, et quelle pénitence fut imposée à l'ancien recteur. « Mais, écrit encore Yalignano, il trouva que le coupable ne reconnaissait pas assez, regrettait trop peu le mal qu'il avait commis », et il jugea qu'il fallait faire un exemple. Gomez reçut l'ordre de s'éloigner immédiatement, et de s'en aller, à 700 kilomètres de là, fonder une maison à Diu. Pour un homme qui se croyait bien en cour, qui comptait de nombreux amis dans la haute société de Goa, le coup était rude. Il essaya de faire jouer les ressorts qui, deux ans plus tôt, lui avaient réussi. Mais, cette fois, les intercessions furent sans effet. Xavier fit comprendre qu'il était inutile d'insister et que, « dans la Gompagnie, la remarque est encore de Valignano, ce que l'on estime, c'est moins le talent que l'humilité et l'obéissance ». Gomez dut s'exécuter, et, avant la fin de février, il était parti pour Diu ^.

Ce qu'il en coûta au saint de sévir ainsi, nous le devinons par ce mot discret d'un témoin: « Une chose me confond vraiment, le désir qu'il a de la gloire de Dieu, la peine que lui fait une imperfection, si petite soit-elle, qu'il découvre en un de ses frères; et aussi la patience, la douceur, dont il use avec ceux du dehors, qu'il sait être de grands pécheurs, se mettant par condescendance à la portée de chacun, et proportionnant à leurs forces ses enseignements et corrections^.»

1. POLANCO, t. II, p. 7Gf), 767, 777; cf. EpUtolae S. Ignatil. t. VI, p. 89.

3. Valignano, p. l'«5; cf. Gros, II, p. 181, 182. — Gomez dut encore chercher à s'appuyer sur Gosmes Anes auquel il avait rendu quelques services importants (Sel. Ind. Ep., p. 105).

'i. Sel. Ind. Ep., p. 101, 1G2.

Poussant donc aussi loin que possible la miséricorde à l'égard des grands pécheurs, saint François Xavier était sévère pour ceux que Dieu avait appelés à une vie de perfection et qui ne répondaient pas pleinement à la grâce. Il y avait là un désordre et une inconséquence qui le faisaient souffrir et devant lesquels sa condescendance habituelle n'avait plus de raison d'être.

Cette triste affaire réglée, il s'occupa des différents postes de la mission. A Ormuz, il maintint Gonzalve Rodriguez et lui envoya pour compagnon le novice Alvaro Mendez'. De Baçaim, Melchior Gonçalez, guéri sans douté de l'empoisonnement qu'on avait cru mortel, fut rappelé à Goa^ et remplacé comme supérieur par Melchior Nunez^. François Enriquez, enlevé aux missions du sud, lui fut envoyé comme auxiliaire pour l'annexe de Tana^ Antoine de Eredia fut maintenu à Cochin et Lancilotti à Coulam. Au cap Comorin, il y avait à prendre la place d'une nouvelle victime des Badages. Le Frère Louis Mendez, arrivé depuis un mois dans la mission, venait d'être tué dans son église, en essayant de défendre ses chrétiens^. Il fut remplacé par les Frères Alexis Madeira et Antoine Fernandez^.

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