Sel. Ind. Ep., p. 168; —Polanco, II, p
de tous les pays où il a été, il n'y en a pas un qui offre plus de chances de martyre que la Chine, ni où l'on puisse fructifier davantage. Il s'occupait à écrire en Portugal, il dressait des instructions pour les frères des forteresses de l'Inde. On eût dit qu'il voulait tout régler comme ne devant plus nous revoir. Il nous animait, nous encourageait tous. Ses paroles étaient si suaves et si efficaces, que l'on sentait bien que l'Esprit-Saint était en lui. Au réfectoire, au lieu de la lecture, tous les frères, par son ordre, venaient raconter en détail le cours de leur vie passée et c'était un exercice continuel d'abnégation et de mortification de la volonté, avec de nouveaux désirs de souffrir. On disait tout au long de qui l'on était fils, quels bas emplois on avait remplis dans le monde, ses mauvaises inclinations, les tentations qu'on avait eues depuis son entrée en religion, les fautes commises, — sauf les fautes mortelles. — Après cela, il résumait brièvement, avec un ton de si grande ferveur et de telle humilité, que d'abord il vous confondait; puis il relevait l'âme en montrant l'espérance certaine de la gloire future, indiquant surtout des remèdes très efficaces, oîi il montrait sa grande expérience. A d'autres, il demandait comment ils faisaient leur examen de conscience, et, en présence de tous, il indiquait la meilleure méthode pour s'examiner en vue d'une plus parfaite confession de ses fautes ^ . »
Dans ces conférences spirituelles, l'apostolat n'était jamais perdu de vue et Melchior Nunez résumait les pensées de tous quand il écrivait : « Vous voyez, bien-aimés Pères et Frères, quelle immense moisson, et comme on a besoin ici d'ouvriers. Demandons, vous là-bas, nous ici, au Seigneur, que beaucoup d'entre nous soient envoyés; surtout étant donné que nous avons un porte-étendard comme le Père François, dont le très brûlant amour des âmes va sans cesse nous découvrant de nouvelles terres, oii nous puissions répandre la « dispensation du mystère de Jésus-Christ ». Voyez, Frères; le Japon et la Chine soupirent vers vous. Voyez, il est nécessaire que s'accomplisse le « fiet unum ovile et iiniis pastor ». Voyez combien les loups dévorent les brebis de Jésus-Christ ; préparez-vous, mes frères ;