Sel. Ind. Ep., p. ir
ayez des désirs enflammés au feu de l'amour divin; croissez toujours en mortification et humilité, en sagesse moins humaine que divine, en goût de Dieu, en zèle des âmes, afin que Dieu vous accorde la grâce de venir aux Indes y remplir sa sainte volonté ^ »
En même temps le Provincial songeait aux Pères dispersés dans les forteresses et qu'il n'aurait pas le bonheur de voir avant de repartir. De ce côté-là aussi, des fautes avaient été commises, ou au moins des erreurs; tout spécialement plusieurs n'avaient pas compris comme lui l'importance d'une certaine humilité pratique dans les rapports avec l'autorité ecclésiastique et civile; et il crut nécessaire de parler encore et déparier fort.
Gonzalve Rodriguez, à Ormuz, faisait de son mieux pour continuer les traditions du Père Barzée. Somme toute, il réussissait. Il dut pourtant y avoir quelque imprudence, quelque excès de langage en face des désordres sans cesse renaissants, quelque malentendu avec le clergé; car, le 22 mars 1552, Xavier lui envoya une lettre d'avis. Soumission absolue au vicaire épiscopal, concorde avec les autres prêtres; à lui de donner à tout le clergé l'exemple de l'obéissance. Pas de singularités, pas de présomption.
Rodriguez ira demander pardon au vicaire, à genoux, humblement, lui baisant la main, sollicitant ses ordres et précisant bien que c'est le Père François qui lui enjoint d'agir ainsi. Chaque semaine, Rodriguez renouvellera sa démarche. « Tout cela, dit-il, pour confondre le démon, grand artisan de discordes... Cette lettre, conclut le saint, je vous l'écris comme à un homme ayant assez de vertu et de perfection pour la comprendre et la goûter. Je ne m'adresse pas à un homme faible sur qui je ne compterais pas. Remerciez Dieu qui vous a donné assez de vertu pour préférer les reproches et les avertissements aux ménagements et aux condescendances trompeuses dont on use avec les faiblesses humaines. Vous êtes fort au service de Dieu, aussi je vous écris comme à un parfait. Je m'arrête : bientôt nous nous verrons dans la gloire du Paradis. (Notons au passage