III. — Le courrier d'avril
Maiscetaccord sur lespoints essentiels, surtout cequi touchait à l'esprit même de la Compagnie, ne pouvait suffire. Xavier sentaitque,àlamissiondes Indes, quelque chose manquait. Rome ne la connaissait pas assez. Les lettres ne pouvaienttoat dire. Il fallaitenvoyer en Europe un homme ayant vu les choses de près. L'idée était ancienne, Lancilotti en avait déjà écrit à saint Ignace ^ . Le Père François approuvait^. De Rome on avait répondu que le mieux serait que Maître François lui-même fît le voyage^. A son défaut, en janvier 1551, Melchior Gonçalez avait été choisi : déjà il attendait à Cochin le moment de partir quand il fut rappelé à Baçaim par les réclamations du public ^ Xavier sentait qu'on ne pouvait tarder davantage. Mais qui envoyer? Ceux dont les lumières eussent été plus utiles à Rome étaient les plus indispensables dans les Indes. Impossible de dégarnir aucun poste.
François résolut de confier cette mission délicate à un simple frère, André Fernandez. C'était un novice reçu à Ormuz par le Père Barzée. Par quelles qualités rares avait-il fixé le choix du Provincial ? nous ne savons ; mais il s'acquitta si bien de sa tâche que saint Ignace le fit élever au sacerdoce. Il ne pouvait partir qu'en janvier de l'année suivante, et avait par conséquent près d'un an devant lui pour se renseigner ^.
Quant au thème qu'il avait à développer, il était tout entier