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son cœur; il nous dit d'être constants dans notre première vocation, dans une humilité profonde née d'une profonde connaissance de nous-mêmes, par-dessus tout, prompts à obéir; et, à plusieurs reprises, il insista sur cette vertu si chère à Dieu et si nécessaire à ceux de la Compagnie ^ »
Alors sans doute il établit officiellement Barzée dans sa charge de recteur. Puis, « à genoux, en son nom, au nom des absents, il promit obéissance, et tous ceux qui étaient là en firent autant avec grande joie^ ».
Le Père Frois continue : « Le soir du jeudi saint^, quand on eut avec solennité enfermé le corps de Notre-Seigneur, il quitta la chapelle avec ses compagnons. Vous pouvez bien, mes très chers Frères, vous imaginer ce que chacun de nous ressentit en un si triste départ. Toutefois la consolation l'emportait sur la tristesse; car nous songions à la grandeur de l'entreprise et au martyre que le Père était sûr de rencontrer. »
C'était l'usage en Portugal, quand un vaisseau partait pour un dangereux voyage, de se réunir dans quelque chapelle et de prier pour les voyageurs'. Donc, tandis que quelques Pères accompagnaient Xavier jusqu'au port, les autres restèrent devant le Saint-Sacrement^. En passant, il entra chez son ami Gosme Anes, pour le saluer, lui et sa femme. «J'étais là, raconte Gille deGoys, dans leurmaison. Entre autres choses, Anes lui demanda quand ils se reverraient. « Dans la vallée de Josaphat », répondit le Père; et, prenant congé, il monta sur le navire''. »
II fallut attendre le vent pendant trois jours. Le saint profita de ce loisir pour compléter les conseils qu'il laissait à Barzée. Il en est d'assez piquants. Parlant du ministère à exercer près des femmes et des mesures de prudence qui s'imposent, il déclare qu'après tout, avec leur inconstance naturelle, le plus court moyen pour les sanctifier, c'est de sanctifier leurs maris.
\.Sel.Ind. Ep.,p. 159-160.