‹ Saint François XavierChapitre 691 sur 820 · I. — Des Indes à Malacca · texte numérisé non relu

I. — Des Indes à Malacca

La traversée dura un mois. Aux trois quarts du chemin, dans -a passe qui sépare Sumatra des îles Nicobar, une forte tempête se leva. Deux grandes fustes, avec qui l'on naviguait de conserve, coulèrent à pic. La caraque était en danger. Le capitaine faisait déjà jeter la cargaison. François l'arrêta, déclarant quelevent aller tomber, monta au gaillard d'arrière, encouragea le pilote, Pierre Vaz, demanda la sonde, y attacha un morceau de sa soutane, avec quelques reliques peut-être, et la lança aux flots en disant : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, pitié pour moi et pour ceux qui sont ici. » Après quoi, il s'enferma dans sa cabine pour confesser. Deux heures plus tard, la mer était calme. Mais le saint disait au pilote : « Vous n'êtes pas au bout de vos peines. » Et, de fait, par deux fois, le navire faillit se briser sur les rochers. Tout cela fut raconté, en 1556, au premier procès de béatification, par le pilote en personne et un passager'.

Cependantla pensée de Xavier restait fixée sur Malacca. Il était plein de pressentiments tristes. « x\h! mes fils ! disait-il, Malacca est en grande détresse^ ! » Et une autre fois : « Priez Notre- Seigneur; je crains que le capitan ne s'oppose à notre voyage^. » Il allait donc, sûr de la volonté de Dieu, mais persuadé aussi

1. Process. 1556, Goa, n. 32 (Pierre Vaz); — Baçaim, n. 9 (Lopaz de Aguiar); cf. Valignano, p. 147.

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