‹ Saint François XavierChapitre 696 sur 820 · Mon. Aat'., p · texte numérisé non relu

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DON alva.ro de ataïde 323

contre Xavier lui-même. Une manqua pas d'honnêtes gens pour s'interposer, et tout d'abord don Pierre de Silva. Il fut éconduit. Alors, dit-on, se voyant impuissant pour le bien, contrecarré à chaque instant par son frère, il démissionna et remit les clefs de la forteresse au veador da fazeiida^ le licencié François Alvarez '. Don Bernardin de Sousa, qui venait de quitter la capitainerie des Moluques, ne fut pas plus heureux-.. D'autres intervinrent encore, et n'obtinrent que des éclats de colère 3. 11 fallait recourir aux actes d'autorité. A la réquisition de Pereira, François Alvarez crut pouvoir s'armer des lettres du vice-roi ; il somma le capitâo môr de remettre en place le gouvernail et de laisser le voyage s'exécuter. Comme il semblait vouloir se faire obéir de force, Ataïde résolut de résister. Un planton de soldats fut mis près du gouvernail. Une bagarre sanglante pouvait s'ensuivre. Était-ce ainsi qu'il fallait soutenir la cause de Dieu ? Xavier persuada au veador de s'en tenir là : c'était à lui maintenant d'agir'.

Il se souvint qu'il était nonce apostolique. A vrai dire, à part l'évêque de Goa et lui, qui donc aux Indes, en dehors du tribunal de la pénitence, s'en fût douté ? L'œuvre concertée avec Diogo Pereira était avant tout une œuvre d'apostolat. En arrêtant l'ambassadeur, c'est le nonce que don Alvaro entravait. Or il y a, de parles lois ecclésiastiques, des censures portées contre quiconque ose s'opposer à un nonce dans l'exercice de ses droits. 11 y va de l'excommunication; sans doute le capitào môr l'ignorait. François résolut de l'éclairer. Il pensait qu'au simple exposé de ce qui le menaçait, un catholique ne pouvait passer outre. Il rédigea donc un court mémoire qu'il remit au vicaire épiscopal, Jean Soarez, pour être lu à l'intéressé, par-devant témoins.

Il établissait d'abord la vérité de son titre, racontait comment Paul III avait envoyé ses lettres de nonciature au roi, qui les lui avait remises en main propre, comment l'évêque de Goa les avait reconnues, comment ledit évêque, à son tour, le

1. Do GouTO, loc. cit., p. 445; — Andrada, ch. 9(i, p. 113-114.

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