Sousa, p
déléguait auprès du « roi de Chine » pour lui annoncer la loi de Jésus-Christ. Le vicaire devait prendre connaissance des lettres du prélat.
Puis il passait au titre d'ambassadeur donné à Pereira ; l'authenticité constait des provisions envoyées par le vice-roi, et de l'injonction faite par le même au capitan de la forteresse d'avoir à exécuter ses ordres. Xavier poursuivait :
« Or, le seigneur capitan s'oppose à l'embarquement et au voyage, si utiles au service de Dieu et à l'accroissement de notre sainte foi. Je requiers donc Votre Révérence, de la part de Dieu et du seigneur évêque, votre supérieur, dont vous tenez ici la place, d'appeler l'attention du seigneur capitan sur « l'extravagante^ » Super gentes, laquelle maudit et excommunie tous ceux qui empêchent les nonces apostoliques d'exécuter leurs mandats. Je requiers Votre Révérence de la part du seigneur votre prélat, — et j'insiste, — d'avoir à déclarer au seigneur capitan la dite extravagante. Priez-le de la part de Dieu et du seigneur évêque, de ne pas mettre obstacle à un voyage approuvé par le vice-roi. S'il n'obéit pas, il encourt l'excommunication, laquelle lui est fulminée, non par l'évêque, non par Votre Révérence, pas plus que par moi, mais par les saints papes, auteurs des canons. Et Votre Révérence dira de ma part au seigneur capitan, que je le supplie par la mort et passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ de ne pas braver une telle censure. Car je ne doute pas que Dieu ne l'en punisse, plus rigoureusement qu'il ne croit. Votre Révérence me rendra cette lettre avec la réponse du seigneur capitan, pour que le seigneur évêque voie bien que, si ce voyage ne s'accomplit pas, il ne faut pas qu'on l'impute à ma négligence. Allez vite, car la mousson passe. Vous ferez chose très agréable à Dieu, et très charitable à mon endroit. Car il n'est pas possible que le capitan, sur la lecture des censures, ne me laisse immédiatement partir^. »
« Le Père François Perez, raconte l'auteur de V Oriente conquistado, porta cette requête au Père Jean Soarez, lequel, constatant son bien-fondé, voyant qu'il n'y avait pas d'autre moyen
1 . On appelle ainsi les décrctales qui sont en dehors (extravagantes) du Corpus Jurit.