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votre santé; veillezsur vos affaires. Les circonstances l'exigent, sachez dissimuler avec tels et tels, qui se disent vos amis et qui ne le sont point. Mais surtout faites-moi la grâce de vous tenir proche de Dieu pour qu'il vous console au temps de la tribulation. Par l'amour de N. -S. faites-moi la grâce, — une biengrande grâce pour moi, — de vous confesser et de recevoir N.-S. Conformez-vous à sa sainte volonté ; car toute cette persécution aboutira à votre plus grand bien, et à votre gloire... Si j'entre en Chine, envoyez-moi de vos nouvelles, j'en aurai une joie extrême... Je dirai là-bas aux Portugais prisonniers l'obligation qu'ils vous ont, je les saluerai de votre part. Je leur rendrai compte des grandes dépenses que vous avez faites pour les racheter, et je leur donnerai l'espérance que, s'il plaît à Dieu, ce sera pour l'an prochain.
Je vous prie beaucoup, et en grâce, senhor, de visiter souvent les Pères du collège et de vous consoler avec eux.
Votre très grand ami, François'. »
Il disait en post-scriptum :
« Le Père Vicaire m'a prié d'écrire pour lui au roi. Je le fais, bien qu'on ne m'ait pas laissé ignorer que, dans toute cette affaire de Chine, il a négligé de favoriser une œuvre aussi utile au service de Dieu... et cela pour se montrer le serviteur de don Alvaro-. 11 espérait en retirer quelque profit temporel. C'est vivre dans une grande illusion de croire, lorsque l'on manque à Dieu, de qui tout bien procède, que tout s'arrangera par les voies humaines. Je me venge de ceux qui ne sont pas mes amis en leur faisant du bien : car le châtiment de Dieu viendra. Et vous, senhor, vous verrez par les faits comment Dieu punit ceux qui n'ont pas aidé à son service. La vérité est que j'ai grande pitié d'eux. Je crains pour eux des châtiments plus grands qu'ils ne croient. La lettre destinée au roi, et où je parle du Vicaire, Votre Grâce la remettra elle-même ati Vicaire^. »