‹ Saint François XavierChapitre 716 sur 820 · Sousa, p · texte numérisé non relu

Sousa, p

4. Gros, p. 345; — Process. 1Jô6, Gochin, n. 3. Les mots entre crochets sont empn;ntés à la déposition de Ventura.

pour me rendre compte de mes yeux. Le Père n'était point sur un escabeau. Ses pieds reposaient directement sur le pont^. »

De tous ces épisodes, le plus populaire est celui qui a pour héros le marchand Pierre Velho. C'était un des Portugais que, Tannée précédente, François avait rencontrés au Bungo. 11 le retrouvait à San-choan faisant, à ce qu'il semble, de fort bonnes affaires. Or, un jour, le saint découvrit, égarée au milieu des marins et des négociants, une jeune fille dont la vertu courait un vrai danger. Le seul moyen de la sauver était de la marier sur place. Mais il y fallait une petite dot. François crut pouvoir s'adresser à Pierre Yelho. Il le trouva jouant aux échecs et lui fit sa requête. Le marchand, moitié plaisant, moitié agacé, lui dit qu'on ne venait pas demander de l'argent à un homme qui jouait, et cela hors de chez lui. Xavier répliqua qu'il était toujours temps de bien faire. « Alors, racontait Velho à Benoît Diaz qui, à son tour, le rapporta lors du procès de 1616, je lui passai la clef de mon coffre, lui disant de prendre ce qu'il voudrait. Xavier alla à mon logis, prit trois cents cruzados^ plus ou moins, [sur 30.000 taëls, environ 40.000 cruzados, qui étaient là], et revint me rendre ma clef. Retournant au logis^ j'ouvris le coffre; il ne manquait rien. « Que m'avez-vous donc pris? demandai-je au Père — Trois cents cruzados. — Mais j'ai trouvé mon argent intact; je vous avais passé ma clef pour que vous prissiez tout ce que vous voudriez. » Xavier me dit : « Eh bien! moi, je vous affirme, Velho, au nom de Dieu, que jamais rien ne vous manquera sur terre. Si vous vous trouvez dans le besoin, on vous prêtera volontiers. » Le Père me disait encore parfois: « Vous devriez prendre la discipline. » Je refusais, alléguant ma santé. « Soit,je le ferai pour vous», ajoutait-il; et parfois je le trouvais se flagellant dans un coin du navire,, au milieu des colis ^. »

Au rapport du Père Ignace de Saint-Dominique, qui le tenait de Martin Texeira, neveujde Pierre Velho, Xavier aurait fait à son ami une autre promesse. Dieu l'avertirait à l'avance de

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