Mon. Xav., p. 786; — Gros, II, p
delà part des Atchënoisi. Plusieurs s'inquiètent de ne pas voir revenir du Japon un navire parti avec de riches marchandises. Le Père affirme qu'il est en sûreté ; et, quelques jours après, le navire jette l'ancre dans la rade ^. Il avait échappé à de graves dangers. A un Portugais, il assure que, sur six de ses amis qui se trouvent à San-choan, beaucoup mourront dans l'année; et il en mourut cinq^.
« En ce temps-là, racontent deux témoins oculaires, le Chinois Antoine et le Portugais Etienne Ventura, vint à tomber malade [son voisin], qui lui était fort dévot et jamais ne manquait sa messe. Le mal devenant très grave, [on conseilla au patient de se faire reporter au vaisseau. Gomme on le déposait sur la barque, survint le Père Maître François, récitantson bréviaire. « Ne le portez pas au navire, dit-il, il sera mieux à terre. » Mais le malade insistait, et l'on passait outre au conseil du Père. — « Eh bien, dit-il], voyez, vous êtes là à prendre Diogo de Gueiros. D'ici à trois jours, vous le rapporterez à terre, mort. » Et ce fut vrai, [car à peine était-il sur le vaisseau que le mal empira], et, de là à trois jours, les domestiques revinrent à terre, avec leur maître mort, pour l'enterrer. On en donna avis au Père, qui était en son ermitage. Il prit aussitôt le surplis et descendit de la colline, pour recevoir le corps et l'ensevelir, comme il faisait pour tous ceux qui mouraient là [et il dit la messe pour lui] ^ . »
Nous rapportons le fait sans prétendre le caractériser, à plus forte raison celui qui suit, emprunté au même témoin oculaiie, Etienne Ventura.
II y avait là une soixantaine d'esclaves, nègres et musulmans. « Un jour, devant moi et plusieurs autres, le Père les baptisa. Il était au milieu d'eux, vaquant à la cérémonie. Tous le dépassaient de la taille. 11 était sur le vaisseau, et nous à terre. Or je le vis plus grand qu'eux. Je crus qu'il était monté sur un escabeau. Gomme cela nous paraissait extraordinaire, j'allai au navire
1. Process. /J.56, Goa, n. 28. Cf. DO Gouto, D. VI, 1. X, ch. 7, p. 'i47.