III. — L'attente
Le temps s'écoulait. Un mois passait, puis un autre. « Le Père Maître François tomba malade, nous dit son compagnon, Antoine le Chinois, mais d'une maladie légère : ce n'était qu'une fatigue et des frissons de froid ; il ne laissa pas de dire la messe tous les jours, et, s'étant purgé, par le conseil des- Portugais qui étaient là, il se trouva mieux, et se remit bientôt à ses exercices accoutumés d'enseigner la doctrine et de converser avec les Chinois^. »
L'on était en octobre. Les marchands, ayant terminé leurs affaires, se disposaient à reprendre, les uns après les autres, le chemin de Malacca. Pour lui, François cherchait toujours l'homme décourage qui consentît à le porter sur le continent. Enfin il crut l'avoir trouvé. Le 22 octobre, il écrivait à Diogo Pereira qu'un marchand chinois se chargeait de tout, pour 20 joico^ de poivre (environ 2.400 livres). Ce Chinois avait déjà contribué à l'évasion de Manuel de Chaves, en le cachant plusieurs jours dans sa maison*. François ajoutait, dans une lettre au Père Perez, que c'était un « homme honorable de Canton », qu'il demandait 200 cruzados. Il le conduirait dans une petite barque, sans autres matelots que ses fils et serviteurs, l'abriterait chez lui trois ou quatre jours, et alors le déposerait avec ses livres et son petit bagage à la porte delà ville.