‹ Saint François XavierChapitre 731 sur 820 · Gros, II, p · texte numérisé non relu

Gros, II, p

préférence, nous interrogerons, lui laissant autant que possible la parole, et gardant à la narration la simple allure d'une chronique écrite au jour le jour '.

Donnons d'abord une idée des lieux. La côte nord-ouest de Sanchoan, qui regarde la Chine et contre laquelle s'abritaient les navires, se creuse au centre en une large baie. Des collines assez hautes l'encadrent. Sur le pourtour, les marchands avaient leurs cabanes, qu'ils brûlaient ordinairement avant de partir^. Ceux du Santa Croce se groupaient sur le promontoire élevé qui borne la baie au nord. C'est là que Xavier logeait, dans la paillotte de Georges Alvrez, et avait sa chapelle. Le navire mouillait vis-àvis à quelque distance^.

Milieu de novembre. Georges Alvrez venait de partir. « Le Père Maître François demeura, sans que personne lui procurât asile et de quoi manger. Bien des fois, ayant faim, il me disait d'aller demander pour l'amour de Dieu, aux Portugais qui restaient encore, quelque peu de pain, et j'y allai souvent : mais cela n'empêchait qu'il ne souffrît de grandes nécessités"*. » Il avait certainement encore des amis sur le vaisseau, mais qui n'en sortaient guère. Lui, vivaità terre, à l'écart, attendant son marchand de Canton. Y eut-il mauvaise volonté de la part des Portugais ? non sans doute, et Antoine disait au Père Valignano : « Vers ce temps-là, le besoin se fit sentir chez les Portugais; les choses les plus nécessaires manquaient. La plupart des marchands étaient partis, les mandarins surveillaient, s'opposaient à ce qu'on portât des vivres à San-choan. La disette était grande sur le vaisseau; de plus on était au mois de novembre et le froid commençait^ »

19 novembre. C'est la date convenue avec le marchand : il ne paraît pas. Un jour, deux jours passent : il faut se rendre à

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