‹ Saint François XavierChapitre 733 sur 820 · Mon. Xat'., p · texte numérisé non relu

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l'évidence, c'est fini, le Père n'entrera pas en Chine. On dirait qu'alors, les espérances qui donnaient au pauvre corps usé une vigueur factice faisant défaut, tout d'un coup l'organisme retomba sur lui-même à jamais impuissant. « C'est à ce moment, continue le Chinois, qu'il se sentit mal. Se vo3ant indisposé, sans avoir rien à manger, il me demanda s'il ne serait pas bon d'aller sur le vaisseau de Diogo Pereira, qui était mouillé en pleine mer. Je lui répondis que cela me paraissait bien, puisque, à terre, nous souffrions de telles privations. Sur le vaisseau, il trouverait quelqu'un qui le nourrirait, le soignerait et là, il pourrait se rétablir'. »

Mardi 52 novembre. Dans la soirée, Xavier s'embarqua pour aller au vaisseau. Etienne Ventura disait en 1556 qu'il avait une pleurésie-. La nuit fut pénible : la fièvre était forte, le roulis secouait le vaisseau, il faisait froid. L'on n'était pas encore cependant à la saison fraîche (janvier-février), où le thermomètre descend à 4". Mais le vent devait souffler du nord. Les Portugais supportaient mal ces baisses de température : au moindre changement, ils étaient transis. Les voyageurs d'autre race, comme les Flamands, trouvaient qu'ils n'en parlaient guère sans exagération 3. Pour lui, affaibli, fiévreux, malade, François devait être fort sensible à la bise. Le séjour du vaisseau devint impossible.

Mercredi, 23 novembre. « De bon matin, il revint avec moi à terre, portant sous le bras une paire de chausses de drap qu'on lui avait données pour le défendre du froid, qui était grand'. Le voyant en cet état, couché sur la plage, un charitable Portugais, ce Diogo Vaz d'Aragâo-' sur lequel il avait compté pour aller au Siam'\ le prit en barque, lui fit traverser la baie et le déposa dans sa cabane, à une lieue du vaisseau. 11 lui dit : « Votre Révérence doit se faire saigner sans retard : il y a malais Cuos, p. 346.

2. Process. iôôG, Cochiii, n. 3. Les biographes (LucrxA, X, ch. 27, etc.) disent que le rnatin il avait célébré sa dernière messe pour un défunt.

3. P. N. Trigault, lettre du 21 déc. 1607. Vie par Dfhais.nes, 1864, p. 29-30.

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