‹ Saint François XavierChapitre 735 sur 820 · Pour vous, ayez pitié de mes péchés et de mes fautes · texte numérisé non relu

Pour vous, ayez pitié de mes péchés et de mes fautes

3. Quelle était cette langue que le Chinois ne comprenait pas ? Ce n'était ni le latin, ni !o portugais, ni même le castillan dont il eût compris quelque chose. Le Père. Gros pense • que c'était le basque, la langue de son enfance (p. 348, note).

4. Le P. Frois tenait ce détail du Chinois (Gros, loc. cit., note).

5. Gros, 347, 348. D'après Tursellini (1. V, ch. xi), Sousa (p. 628) etc., Xavier parlait de la Chine dans son délire.

6. Les biographes disent que Xavier fît reporter sur le vaisseau ses ornements et ses papiers.

personne ne crut à un danger prochain, et l'on ne se dérangea point. Tout ce qu'Antoine rapporta, ce fut quelques amandes que lui donna le capitaine*. Encore cette maigre aumône fut superflue. Quand il revint, le Chinois trouva le Père incapable de rien prendre, « Il demeura sans rien manger, depuis le mercredi, qu'on le saigna, jusqu'au samedi^. » « Il était dans un absolu dénuement de tout secours humain, couché dans une casilla ouverte au froid et au vent, sans autre consolation que celle qui lui venait de Dieu^. »

Samedi 26 novembre. Ce jour-là, Antoine vit le mourant tourner les yeux vers son autre domestique, Christophe le Malabar. « Il le regarda fixement et, d'un air triste et compatissant, il dit en portugais par trois fois : « Ay, triste de ti! Ay^ triste de ti! Ay, triste de ti! Que tu me fais de peine ! » Nous ne comprîmes pas alors la portée de ces paroles : mais, quelques mois après, le jeune homme se débaucha, et il vivait dans le concubinage quand, à l'improviste, un coup d'arquebuse l'atteignit et le tua^. »

Puis le mourant perdit la parole. « Il me parut que Notre- Seigneur le voulait vite prendre, et je me disposai à le veiller cette nuit du samedi au dimanche. Je veillai, en effet, toute la nuit, lui demeurant toujours les yeux fixés sur un crucifix, que je lui aVais posé là ^. »

Dimanche 27 novembre. « Quand l'aube du dimanche fut près de paraître, je vis qu'il allait mourir; et, comme je lui mettais un cierge à la main, étant moi seul, avec lui, il s'endormit dans le Seigneur, et son âme bénie partit de cette misérable vie. Sans quasi aucun labeur, ni râles, ni épanchement d'humeurs, il passa à la vie bienheureuse pour y recevoir la récompense des nombreux travaux qu'en ce monde il supporta pour l'exaltation et la propagation de la foi et du nom de Jésus Notre- Seigneur. »

« Ce fut donc le dimanche 27 novembre 1552, à deux heures après minuit, dans une cabane de paille, en l'île de San-choan,

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