Valignano, p
6. Tursellini, l.V, ch. 0; — Lucena, 1. X, ch. 16, p. 849; — Sousa, p. 601.
l'envoya flotter en pleine eau^. Même accident plus loin, aux environs de Ceylan. Le navire donna sur des rochers et resta comme suspendu à la surface, sans pouvoir ni avancer ni reculer. Le choc avait démonté le gouvernail. Après quelques heures d'attente, on abattit les mâts, on fit tout ce qu'en pareil danger l'on a coutume de faire. Enfin, les moyens humains restant inutiles, le cercueil fut exposé sur le pont, les cierges et les brûleparfums allumés. Tous s'agenouillèrent, suppliant Dieu Notre- Seigneur de leur donner la vie par les mérites de son serviteur. Le pilote, dans la suite, affirma sous serment, et Georges de Mendoza, qui se trouvait présent, raconta peu d'années après à Lisbonne, que, tandis que les passagers priaient, tout à coup ils entendirent un grand fracas, et il leur sembla que le vaisseau s'échappait vers lamer^.
Le vaisseau fit escale dans un port de Ceylan. Un nommé Alphonse de Menezès qui, dix mois auparavant, avait assisté aux premières fêtes de Malacca, put examiner le corps : « 11 était, dit-il, dans un cercueil de bois ouvert, intact, et tel qu'au jour de sa sépulture à Malacca. Je l'examinai; je perçus une très suave odeur. Il avait une déchirure à l'avant-bras ; je la frottai et il s'en exhala un parfum. Les chairs étaient fraîches 3. »
Enfin, après deux mois, presque le double des traversées ordinaires, on arrivait à Cochin^. Le Père François Ferez eut la consolation de prier sur le cercueil de son cher maître. Bientôt le navire fut comme pris d'assaut; un flot de visiteurs se précipita vers la chapelle ardente. Après un arrêt de quelques jours, on repartit^. A mi-chemin de Goa, nouvelle escale en face de Baticala*^ et mêmes scènes qu'à Cochin. 11 y eut des miracles. Deux ans plus tard, Marie Serrâo, noble Portugaise, attestait qu'elle s'était fait porter presque mourante près du saint corps, avait été guérie, avait emporté en souvenir un cordon arraché au cercueil, et que, depuis, cette relique était l'instru-
1. Procès». 1556, Malacca, n. 2, cf. 4 et 5; — Bartoli, IV, 25.
2. Process. i556, Cocliin, n. 5-6; — 1616, n. 90; — Lucena, X, 29; — Tukselli.m, 1. V, ch. 14; — SousA, p. 682. — Polanco (t. IV, p. 6"2fi) raconte les deux prodiges, mais partage autrement les détails.