‹ Saint François XavierChapitre 746 sur 820 · Cartas de Japào, fol. Ixxj ; — Gros, II, p. 361. ï\ Ibid · texte numérisé non relu

Cartas de Japào, fol. Ixxj ; — Gros, II, p. 361. ï\ Ibid

G Process. ITjôG, Cochin, n. 8; Malacca, n. 4 et 5.

de les confier à ce misérable bâtiment. Tous les gens du métier affirmaient qu'il ne résisterait pas à une tempête. Mais, dès qu'on sut qu'il partait quand même, emportant le corps de l'apôtre, l'homme d'affaires n'hésita plus, embarqua la cargaison et prit place comme passager i.

Le 11 décembre, le cercueil fut porté sur une barque pavoisée. Toute la population faisait cortège au Santo Padre^ disant un éternel adieu à l'apôtre qu'elle n'avait pas assez écouté pour mériter de garder ses restes. Ils furent déposés dans une cabine transformée en chambre ardente, tendue de soie, avec des cierges allumés, et des brûle-parfums. Puis l'on partit 2.

Quelqu'un cependant n'avait point pris part à ce dernier triomphe, et c'était encore don Alvaro de Ataïde. Ses familiers ne se gênaient pas pour se moquer de la foule et de sa piété 3. Or, quelques mois plus tard, lui aussi quittait Malacca, mais en prisonnier. Le fils du vice-roi Antoine de Noronha était venu le relever de ses fonctions et ouvrir une enquête. Sur la longue liste de griefs dressée contre lui, figurait sa résistance aux ordres venus de Goa. Ses biens furent confisqués au profit du trésor. Condamné à la prison perpétuelle, transporté en Portugal, atteint de répugnantes infirmités contractées à Malacca, il épuisa ce qui lui restait de vie dans la souffrance et l'isolement^. En prédisant que don Alvaro serait puni dans ses biens, son honneur, son corps, Xavier avait ajouté : « Dieu sauve son âme M » Il semble qu'il ait été exaucé : Alvaro, dit-on, se repentit avant de mourir 6.

La traversée fut très accidentée. Antoine Pereira racontait trois ans plus tard que, passant entre l'île de Pulo-Pinang et le continent, un coup de vent jeta le vaisseau sur un banc de sable. La quille s'engagea si avant qu'on ne voyait pas comment s'en tirer. Soudain le vent changea, repoussa le navire en arrière et

1. Process. i556, Goa, n. 12. — Récits de Jean et de Georges de Mendoza, recueillis à Lisbonne, Lucena.X, ch. 29, p. 905. Cf. Turseluni, ch. 14.

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