‹ Saint François XavierChapitre 752 sur 820 · Brandon, Nunez, Tursellini, loc. cit · texte numérisé non relu

Brandon, Nunez, Tursellini, loc. cit

gardes. A grand'peine parvînt-on à ouvrir un passage à la procession.

En avant marchaient les quatre-vingt-dix enfants du séminaire, enguirlandés, vêtus de blanc, des rameaux verts à la main. Puis les confrères de la Miséricorde, puis le clergé. Suivait le corps sur les épaules des Pères du Collège, protégé de chaque côté par deux brancards vides. Venait ensuite le viceroi et sa garde, la noblesse, le peuple. Partout des cierges, des brûle-parfums, des feuillages, des tentures. Ainsi rentrait à Goa le grand missionnaire, dans un nuage d'encens, sous une pluie de fleurs, à la musique des cloches, au chant des cantiques.

Enfin l'on parvint à l'église. Sur le seuil, nous dit Bartoli, l'on avait groupé quantité d'estropiés, de boiteux, de lépreux, d'aveugles. Il y eut des guérisons. Dans la foule on racontait quantité de merveilles. Alors un Franciscain éleva la voix. 11 se mit à dire ce dont, lui, avait été le témoin oculaire. C'était Jean de Eyro, l'ancien compagnon de Xavier à Malacca et à Amboine. Il disait sa propre vie, dévoilait ce qui s'était passé entre le Père et lui, les prophéties qu'il lui avait faites. Véritable confession publique; et ce jour-là, conclut le Père de Sousa, il n'y eut pas d'autre oraison funèbre '.

Quand le cercueil eut été déposé dans l'église, le chapitre de la cathédrale chanta, non une messe de requiem^ mais la messe votive de la croix '^. La foule s'était contenue tout d'abord, car le bruit courait que, l'oflîce terminé, il y aurait exposition publique. Mais, l'afTluence augmentant toujours, les grilles cédèrent et le sanctuaire fut envahi. Le Père Nunez estimait qu'il pouvait y avoir là 5.000 personnes. Craignant les excès du peuple enthousiaste, il insista auprès du vice-roi pour qu'il quittât l'église avec la noblesse. La foule les imiterait, et alors, dans le sanctuaire vide, ils pourraient examiner le corps à loisir. C'était un honneur qu'il voulait faire à Noronha, au vicaire général, au chapitre et aux religieux. Le vice-roi sortit, mais la foule ne bougea pas. Elle resta, criant, trépi-

1. M. Nunez {Div. Avisi, 1558, fol. 164) ; — Bartoli, 1. IV, n. 25; — Sousa, p. 685,

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