Brandon, loc. cit. ; — Sousa, p. 68't
5. Tursellint, 1. V, ch. 14, fin. Tursellini raconte à ce propos que Nunez ne put s'empêcher de s'approprier la subucula du saint et qu'il l'emporta avec lui au Japon pour s'en revêtir dans les grandes circonstances. Ce n'est pns à Ribaudar que le Père prit ainsi les vêtements de Xavier. Le 23 d6c. I5')4, le Père Brandon (Gros, p. 365) représente le corps
de tout préparer pour le triomphe du lendemain. Au collège, nous dit Tursellini, l'on ne dormit guère cette nuit-là ^ Dès les premières heures du vendredi, tout le monde était debout, ornant l'église et la maison de feuillages et de tentures. C'était bien un peu contre les rubriques de cette fin de carême : mais la circonstance était assez exceptionnelle pour qu'on décorât l'autel comme aux plus grandes fêtes. Le clergé de la ville voulait faire sonner à toute volée les cloches de la cathédrale et des paroisses : on eut peine à modérer ce zèle^. Dès avant le jour, les amis et admirateurs du Santo Padre^ une cinquantaine de Portugais, chacun avec son valet, et portant des torches et des cierges, étaient descendus en barque jusqu'à Ribandar. Parmi eux on voyait Diogo Pereira récemment arrivé d'orient.
Le cercueil avait été reporté sur la fuste, déposé à l'arrière, couvert d'un drap d'or et environné de lumières. Les Pères en surplis, les orphelins couronnés de fleurs, l'entouraient en chantant. Le navire remonta la rivière; une douzaine de grandes barques suivaient, chargées de monde. Portugais, Chinois, gens de Malacca, en costume de fête et des cierges à la main.
La population attendait sur la grève. Les remparts, les toits étaient envahis par la foule. Les plus ardents se jetaient à l'eau pour être des premiers à toucher le cercueil. Il y avait là le vice-roi et la noblesse, le chapitre, le clergé avec les croix de paroisses, les confrères de la Miséricorde avec insignes et bannières, et les élèves du collège ^.
Le corps fut descendu sur le rivage. Les confrères voulaient le prendre sur un brancard et le couvrir d'un superbe drap frangé d'or. La foule protesta : il fallut mettre la relique à découvert. Il se fit alors une violente poussée, tous voulant voir, toucher, hdiisevle Santo Padre. Le vice-roi dut faire manœuvrer ses
toujours revêtu de l'aube et du surplis qu'il avait dans le cercueil. Nunez partit pour le Japon le l" avril suivant. C'est alors qu'il dut enlever cette subucula, que d'aucuns appellent un surplia.
Au procès de 1556 (Goa, n. 19), dona Violenta Fereira, veuve, disait que le Père Melchior lui donna à laver la tiinica superhumeralis dont le corps était revêtu durant la translation. Elle portait des traces de sang épaisses, larges comme un denier. Elle les gratta, conserva la poussière, et il s'en exhalait une suave odeur.
1. ÏURSELursi, ch. 15. Presque toute la suite du récit est emprunté au même chapitre.