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corruption, avec les chairs fermes, la couleur et la fraîcheur naturelles. De plus, à la cuisse gauche, un peu au-dessus du genou, j'ai constaté une sorte de blessure, d'où l'on avait enlevé de la chair gros comme le doigt Ml y avait une autre blessure à l'abdomen^, j'y ai moi-même plongé les doigts et n'y ai rien trouvé que d'intact, sans corruption, sans odeur désagréable. De plus, approchant mon visage du sien, je l'ai avec le plus grand soin examiné tout entier. Cette enquête faite, j'ai enjoint à mon notaire d'en faire le procès-verbal, que j'ai signé et marqué de mon sceau, l'^'' décembre 1556-^. »
Nous ignorons si cette double enquête, canonique et chirurgicale, fut connue du public. Mais on continuait à presser les Pères de préparer le triomphe dont celui du 16 mars n'avait été que le prélude. Le Père Balthazar Diaz racontait : « Plusieurs personnes d'autorité sont venues me demander pourquoi nous ne faisions pas ouvrir d'enquête juridique en vue de la canonisation. Mais pareille initiative appartient de droit à ceux qui peuvent assurer aux procédures l'authenticité voulue. Ce motif et d'autres bonnes raisons ne m'ont pas permis de faire les premières démarches^. »
L'initiative devait venirde plus haut etl'onattendait. Geretard fut regrettable. 11 eût fallu, dès le premier jour, recueillir avec soin les bruits qui couraient, les contrôler, ne pas leur laisser le temps de grossir et de dénaturer les faits. Car on parlait beaucoup dans le public des prodiges semés par le Père, en vingt lieux différents, et, chose à noter, l'on en parlait beaucoup moins chez ses frères en religion. Le Père Arias Brandon écrivait :
« Si vous entendiez ce que disent beaucoup d'hommes d'autorité et de crédit, etaussi certains religieux, vous reconnaîtriez et diriez que la vie et les œuvres de Maître François ne diffè-
1. C'est la blessure faite lors de la première exhumation à San-choan.