Sel. Ind. Ep . , p
rent en rien de la vie et des œuvres des saints que les livres imprimés nous racontent. Nous ne savions rien ici de tant de choses dont on parle; pas un Père ni un Frère qui ne les ignorât^ ; c'estdepuis sa mort que s'est levée la multitude des témoins, qui le virent opérant tant de merveilleuses choses dans les diverses contrées où ils se trouvaient quand il y passa-. »
Les missionnaires ne propageaient donc ces rumeurs qu'avec discrétion. Le premier, semble-t-il, en 1555, le Père de Quadros, dans une lettre que nous avons plus d'une fois exploitée, envoya en Europe le résultat d'une petite enquête personnelle, faite par lui dans le public, et il racontait les extases, la vie d'oraison, la soif de souffrances, l'austérité de vie, les vertus, les audaces apostoliques du Père François. Il rapportait aussi quelques miracles. « Je tiens de personnes qui allaient avec lui au cap Comorin^ que ces œuvres surnaturelles, guérir les malades, délivrer les possédés, lui étaient familières, et que rarement il pria sur un malade sans que la guéri son suivît. »
Puis, lecture dans l'avenir et dans le secret des cœurs. « On sait déjà qu'il ressuscitaunmort. Un Japonais qui me l'a raconté, lui vit faire trois miracles, savoir: guérir un paralytique muet, un autre muet et un sourd.» Quadros cite d'autres faits encore que nous avons consignés au passage, et sa conclusion est : «Disons-le enfin pour l'amour de Dieu, auteur de tout bien, Maître François a été un homme de singulière et rare sainteté, et comme, sa vie durant, il s'efforça, avec grandes fatigues et continuel mépris de lui-même, de procurer la gloire de Dieu, but principal de son zèle, ainsi, après sa mort. Dieu a voulu glorifier son serviteur même sur la terre ^. »
1. Il y a là une exagération. Ce que Bernard le Japonais racontait à Rome, ne l'avait-il pas aussi raconté à Goa? En 15'i8, Balthazar Nunez se refusait à écrire en détail les merveilles que l'on narrait du Père François (Sel, lad. Ep . , p. 38). La même année, Barzé» parlait de ses miracles dont le récit courait dans le public (p. 5'i), etc. Mais il se i>eut que les Pères, présents à Goa en 1544, presque tous nouveaux venus (sauf Paul de Camerino),. n'aient connu le détail de ces miracles qu'assez tard.