‹ Saint François XavierChapitre 771 sur 820 · Delplace, I, p · texte numérisé non relu

Delplace, I, p

3. Voir le détail dans Carayon, Bibliographie de la C. de Jésus, n. 567 et suiv. Sur la première publication, Epist. Mixtae, t. IV, p. 110.

4. Menchaca, 5. Fr. Xai>. epistol. omnium librilV, Bologne, 1795, Proleg., p. ij.

5. Capecelatro, Vie de S. Ph. Neri, trad. française, t. I, 1. II, ch. 3, — Acta 55., 26 mai, p. 472, 528.

Compagnie, plus calomniée là qu'ailleurs^. Le roi d'Espagne, Philippe II, tenait à recevoir les lettres d'Asie, à mesure qu'elles arrivaient : il les faisait lire en chaire devant toute sa cour^.

L'attention était ainsi maintenue sur celui dont l'ap ostolat avait été le point de départ de toutes ces œuvres. 11 est vrai, le public d'Europe s'en faisait parfois une idée assez fausse. Il s'imaginait les choses plus grandes qu'elles n'étaient. Il ne parlait que de rois convertis, de peuples baptisés, de l'Asie domptée et soumise à Jésus-Christ. Un recueil, paru à Louvain en 1566, portait ce titre maladroit : « Lettres indiennes sur les extraordinaires et magnifiques choses que la divine bonté aux Indes et en diverses Iles, par la Compagnie du nom de Jésus, a daigné opérer dans une si abondante conversion des Gentils^. » Les Jésuites désavouèrent cette éloquence qui était le fait de l'éditeur.

Ces pieuses outrances passèrent dans les premiers essais de biographie consacrés à François Xavier. Un chapitre de Ribadeneira est, à plusieurs reprises, annoté par le Père Valignano de ces mots significatifs : a grande hiperbole, muy grande hiperbole, mucho mayor hiperbole^ y>. Les ouvrages les plus sérieux, écrits aux Indes par des gens ayant l'expérience des lieux et des races ^, restèrent malheureusement inédits, et les biographies quasi officielles de Tursellini et deLucena, malgré de sérieuses qualités, ne sontpas exemptes, elles nonplus, d'hyperboles^. Parfois c'est simple ignorance des conditions vraies de l'apo stolat. On prenait trop à la lettre en Europe les relations venues d'Orient. Le sens delacouleur locale n'existait pas, et, quand les Portugais parlaient de rois, de villes, de palais, de royaumes, on ne savait pas traduire roitelets, villages, huttes et tribus. Parfois encore on attri-

1. Braunsberger, s. J., B. Pétri CatiisU epistolae, Fribourg, 1896, etc., t. I, p. 119, 147, 172; — Nadal, Epistolae, t. I, p. 310, 529; II, p. 172, 188, 195, 198; V, p. 983, etc.

2. Lettre de Ribadeneira à saint Ignace, Précis historiques, 1886, p. 528, 534. Cf. Orlandini, Hist. S. /., P. I, 1. V, n. 65.

3. Litterae Indicae de stupendis... Louvain, 1566. On leur opposa l'opuscule plus modeste du P. AcosTA, Reriim a S. Jesu in Oriente gestarum... commentarius, Cologne, 1574.

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