Province do Pondichéry et diocèse de Tricliinopoly
l'Ava, celle de Geylan surtout où les Jésuites appelés par l'évêque de Gochin venaient partager les travaux des Franciscains.
Du Malabar encore dépendaient les Moluques, mission continuellement secouée par les persécutions musulmanes, fréquemment arrosée du sang des prêtres et des fidèles, et dont les progrès étaient consolants. Vingt ans après le passage de Xavier, dans la région d'Amboine et dans celle de l'île du More, il y avait peut-être 120.000 chrétiens. Le christianisme se répandait de là dans les terres voisines, Mindanao, Célèbes, Solor, Timor, Java. 11 fallait lutter pied à pied contre la propagande musulmane, et, pendant longtemps, l'Évangile n'eut pas d'ennemi plus acharné que ce sultan Aério auprès duquel le zèle de Xavier avait échouée
Mêmes progrès, et plus rapides, au Japon. En quarante ans, l'Eglise y avait conquis plus de 150.000 fidèles. C'est le chiffre de 15822. Vers le même temps, les Jésuites entraient en Chine.
Ces événements étaient connus en Europe. Du vivant même de Xavier, ses relations et celles de ses collaborateurs avaient circulé dans le public. D'abord on s'était contenté de copies manuscrites. En 1552, on les imprima, et bientôt il y eut de petits recueils latins, castillans, portugais, italiens. 11 ne se passait guère d'année qu'il n'en sortît deux ou trois des presses de Coïmbre, de Louvain, de Venise, de Rome, de Dillingen^. Au rapport du Père Menchaca, divers princes, et Jules 111 luimême, organisèrent un service de traduction'. Saint Philippe de Néri les lisait, et peut s'en fallut qu'elles ne l'aient transformé en missionnaire des Indes ^. En Allemagne, on comptait sur cette publication pour donner une idée exacte de la
1. AcosTA, dans son Rerum gestarum... commentarins (Cologne, 1574), nous dit qu'à l'île du More, en 1552, il y avait 35.000 baptisés, et, en 1566, 47 vici entièrement chrétiens, plusieurs comptant jusqu'à 800 familles (p. 57). En 1569, d'après Sousa (t. II, p. 306), on y comptait jusqu'à « oytenta mil aimas bautizadas ». — A Amboine>, d'après Acosta (p. 58), en 1562 il y avait plus de 30 pagi chrétiens et plus de 10.000 baptisés.