‹ Saint François XavierChapitre 774 sur 820 · N. 138, témoignage du payen Pacta, peintre sur cuir · texte numérisé non relu

N. 138, témoignage du payen Pacta, peintre sur cuir

voir, désespérant des remèdes humains, il se coucha aux portes de l'église, et là, composa des cantiques en Thoiiiieur de François et de la foi chrétienne. Il s'oignit le corps de Thuile de l'église. Aussitôt il alla mieux. Quelques jours après il était guéri : je l'ai vu ^ » Il fut baptisé et nommé sacristain de l'église-. Lui-même racontait :

« Les payens m'objectaient que, dans leurs temples, on faisait brûler de l'eau en guise d'huile. Je voulus faire l'expérience dans l'église du Père François pour manifester sa sainteté aux infidèles. Deux ou trois fois, je pris des lampes neuves, je les remplis d'eau bénite, j'y mis des mèches que j'allumai, et elles brûlèrent, consumant l'eau comme de l'huile. Cette expérience, je voulus la faire parce que les payens se moquaient de moi. Je m'étais converti et ils me disaient : « Toi qui es poète et connais les choses des payens, qu'as-tu trouvé de bon dans la loi chrétienne ? » Je leur répondis : «Notre loi n'est pas feinte et fausse comme vos idoles. Quand j'étais payen, on me disait que, dans les pagodes, on brûlait de l'eau en guise d'huile. J'ai constaté que c'était faux. Mais, ce miracle-là, je vous le montrerai dans l'église du Père Maître François.» Et je fis cette expérience en présence de nombreux pajiens, qui virent le miracle, l'admirèrent et le racontèrent partout. Vers ce tempslà, un Paraver de Manapar, dont j'ai oublié le nom, en entendit parler. Il ne voulut pas me croire. Alors il prit quinze lampes neuves, les remplit d'eau bénite, y mit des mèches neuves, les alluma et elles brûlèrent, tant qu'il y eut de l'eau. Et sur ce miracle, j'ai composé des vers que je chante. Chrétiens et payens les ont entendus, et les savent encore aujourd'hui.

« J'ajoute que parfois, la nuit, je trouvai la lampe du Père François éteinte, et, voulant la rallumer, je la vis qui se rallumait toute seule, et brûlait ainsi jusqu'au lendemain. Beaucoup de jeunes gens qui venaient dormir dans ladite église m'ont raconté, et souvent, le même fait^. »

François Mendez, Malabar, disait aussi : « Il y a sept ans, quand j'étais à Kotur, vint un nommé Jean de Alicale pour visiter

l'église. Il apportait un peu d'huile, dont il remplit les lampes. L'huile étant consumée, il vint avec un autre me trouver,, disant qu'ils avaient mis de l'eau à la place et qu'elle avait pu s'allumer. Je ne voulus pas croire, je voulus faire l'expérience moi-même. J'entrai à l'église : il y avait là quatre ou cinq lampes qui brûlaient avec de l'eau. J'en pris alors une qui était vide, j'y mis de l'eau, puis une mèche bien sèche et toute neuve, je l'allumai et elle brûla comme dans de l'huile. Sur quoi payens et chrétiens d'accourir pour voir le miracle. Les payens levaient les bras au ciel : les chrétiens, tombant à genoux, invoquaient le nom du saint. Le miracle dura une heure et davantage, de sept heures du soir à neuf heures. Quand nous eûmes bien vu et constaté, nous sortîmes : on ferma les portes de l'église. J'y revins pour dormir après mon souper. Toutes les lampes étaient éteintes. Je ne saurais dire si c'était faute d'aliment, ou pour une autre cause. De ce miracle peuvent rendre témoignage le sacristain de l'église, le juge de l'endroit,, ledit Jean de Alicale et le cangar d'Alicale. Le miracle fit un bruit tel dans la contrée, que, de douze à vingt lieues à la ronde, on vint apporter des aumônes. Et il y avait encore bien d'autres prodiges... Tandis que brûlaient les lampes, je sentais en mon âme une telle suavité, que je comprenais bien qu'il y avait là un miracle opéré de Dieu par le mérite du Père François '. »

Et les chrétiens de s'étonner, de se scandaliser même, que le Santo Padre ne fût pas encore sur les autels^. L'heure approchait cependant où l'Église allait enfin leur donner satisfaction.

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