Ce fut le meilleur parti
2. Cartas y otros fscritos; ..., p. 18. I, cf. PolAiNCO, t. p. 82-S3.
3.MA9SARA, S. 3., Le P. Ant. Criminale... Som-enirs biograpfiique$, Zi-ka-wei, 1903.
communions étaient fréquentes. Ses gens l'imitaient, prenaient modèle sur lui; si bien que, comme les hôtelleries étaient souvent mal commodes pour remplir mon ministère, je devais, tout en cheminant, mettre pied à terre, aller à l'écart, et là, les confesser'. »
Dieu intervenait encore parfois, et de façon visible, «pour nous tirer de toutes sortes de périls ». Xavier en donne un exemple. «Nous étions en Italie. 11 plut à Notre-Seigneur de se manifester miraculeusement en faveur d'un des serviteurs, celui-là justement qui était allé à Rome pour se faire religieux mendiant. Malgré toutes nos protestations, il voulut passer une large rivière. Mais la violence du courant fut telle que, devant nous tous, l'eau emporta cheval et cavalier plus loin que de la maison où nous nous quittâmes à Rome jusqu'à Saint-Louis-des- Français. Il plut à Dieu Notre-Seigneur d'ouïr les dévotes prières de sonserviteurl'ambassadeur, lequel ardemment uni à tous les siens, non sine lacrimis, priait Dieu de sauver cet homme. Notre-Seigneur voulut bien le sauver, mais ce fut plus miraculeux qu'humain'^. »
Xavier attribuait le salut de l'imprudent aux prières de Mascarenhas, maisMascarenhas l'attribuait à celles de Xavier^.
La lettre continue : « C'était un écuyer de l'ambassadeur. II eût bien voulu, alors qu'il était sous l'eau, être à ce moment dans un monastère. Il pensait aux délais qu'il avait apportés à son dessein, et regrettait de ne pas l'avoir accompli. Il me dit, quand je pus lui parler, que, tout le temps que le flot l'emportait à sa perte, sans espoir de salut, rien ne lui faisait plus de peine que d'avoir si longtemps vécu sans se préparer à mourir. Et il me disait aussi combien il regrettait alors en son ame de n'avoir pas accompli et mené à bien ce que Dieu Notre-Seigneur lui avait donné de commencer en fait de vie nouvelle. Et cela nous donnait à tous du courage. Lui restait si épouvanté qu'on eût dit qu'il venait de l'autre monde. Il parlait avec une telle efficacité des peines de la vie future qu'il paraissait les avoir éprouvées. Il disait que celui qui pendant sa vie ne se
3. TuRSELLiNi, 1. I, ch. IX : LucENA, I. I, ch. VIII ; Bartoli, A$ia^ 1. I, n. l:i.
dispose pas à mourir, quand vient l'heure de la mort, n'a même pas le courage de penser à Dieu. Et il parlait, ce brave homme, d'après son expérience, non d'après ce qu'il avait lu ou entendu. Il avait passé par là. Gela me donne grande compassion pour nombre de nos amis et connaissances ; et je crains qu'à force de différer d'exécuter leurs bonnes pensées et leurs bons désirs relatifs au service de Dieu Notre-Seigneur, quand ils voudront en venir à l'exécution, ils n'auront plus ni le temps, ni le moyen. »
Autre épisode. Tursellini raconte' quelefourrierde donPedro était un homme violent. Un jour, pour je ne sais quelle négligence, l'ambassadeur l'avait vertement repris. Il attendit que le maître se fut éloigné, et aussitôt, devant toute l'escorte, il éclata en injures. François avait entendu. Il se tut, et laissa à la tempête le temps de s'apaiser un peu. Le lendemain, il épia Toccasion de faire entendre au furieux quelque bonne parole. Le soir vint. Selon sa coutume, l'homme prit les devants pour préparer les logements de la nuit. Alors François monte à cheval, et, au galop, se met à sa poursuite. Il l'atteignait déjà, quand le cheval du fourrier s'emportant se précipita du haut d'un rocher, et, du coup, s'abattit mort sur soncavaJier. L'homme était blessé, grièvement peut-être. Xavier s'approcha, le dégagea, etdoucementluidit : «Malheureux, qu'alliez-vous devenir, si vous aviez été tué après votre fureur d'hier.» A cette voix, ému encore par le danger auquel il venait d'échapper, l'homme rentra en lui-même. Il avoua sa faute, et, quand on fut arrivé au gîte, il consentit à réparer publiquement le scandale.
Une autre fois, au passage des Alpes, la neige, accumulée par le vent, couvrait les sentiers : on ne voyait pas où l'on mettait le pied. Le secrétaire de l'ambassadeur tomba de cheval sur un énorme tas de neige. Le sol à cet endroit descendait en pente raide jusqu'à un torrent. L'homme avait disparu. On ne pouvait sans danger lui porter secours, et l'on hésitait. Pendant qu'on se regardait ainsi sans rien faire, Xavier sauta de cheval, descendit dans le précipice, trouva le malheureux