‹ Saint François XavierChapitre 78 sur 820 · Asia, I · texte numérisé non relu

Asia, I

L'église Sainte-Lucie, où Xavier avait travaillé, resta ouverte aux Pères de la Gonipagnie qui venaient à Bologne. En 1546 un collège fut fondé à côté (Poi-aisco, t. I. p. 175, 275 •t saiv. ) En 15G2, les Pères entrèrent en possession de l'église. En 1623 lurent jetés les fondements d'une église nouvelle. — La chambre où le saint avait logé fut transformi'-e en chapelle. On y vénérait la lettre que Xavier avait écrite de Bologne, don du P. Laurent Ricci. A la suppression de l'Ordre, le collège, l'église et l'autographe passèrent aux Pères Barnabites. Depuis, le collège a disparu; l'église, restée inachevée, est devenue salle de gymnase ; la chambre a été démolie, mais les matériaux sont conservés comme reliques au séminaire Saint-Joseph.

De Bologne, par Modène et Reggio, les voyageurs arrivèrent à Parme. Dieu, dans cette ville, imposa un gros sacrifice à son apôtre. Pierre Le Fèvre y attendait le moment de partir pour l'Allemagne. Or, juste au moment où François, tout joyeux sans doute de le revoir une fois encore, arrivait dans la ville, Pierre venait de s'éloigner pour quelques jours.

M Maître François, écrivait le bienheureux deux semaines après, vint ici le jour même oîi j'étais parti pour Brescia. 11 mit en délibération si oui ou non, il irait après moi pour me voir. Mais ses compagnons et etiam l'ambassadeur furent d'avis qu'il domeurAt: quod fuit nielior pars \ et le meilleur avis. Fasse le Seigneur, par sa grâce, que, si nous ne devons plus nous revoir en ce monde, nous puissions nous réjouir tous ensemble dans l'autre de ces séparations accomplies pour le seul Jésus-Christ, sicuf etiam des réunions 2... »

Lorsque, une quinzaine de jours après, Le Fèvre revint à Parme, Xavier était déjà loin. Mais, sans le savoir, le bienheureux avait gagné à son ami l'un de ses meilleurs collaborateurs et le premier martyr de la Compagnie.

Antoine Criminale étudiait alors à l'université parmesane. Gomme beaucoup de ses condisciples, il avait fait les Exercices sous la direction de Le Fèvre. Il subit la contagion de cette vertu souriante et forte. Bientôt, en pèlerin, il partait pour Rome et se donnait à saint Ignace (fin septembre 1541) ; six mois après, il prenait le chemin du Portugal et des Indes ^.

Les détails nous manquent pour suivre nos voyageurs d'étape en étape à travers le Piémont, la France, les pays basques, l'Espagne. Tout ce que nous savons, c'est que François continuait son apostolat auprès de ses compagnons. « Dieu, dit-il lui-même, intervenait de façon extraordinaire pour aider le seigneur ambassadeur à maintenir un tel ordre dans sa maison, qu'on eût dit une maison religieuse. Ses confessions et ses

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