‹ Saint François XavierChapitre 808 sur 820 · Mon. A'rtc, p · texte numérisé non relu

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quablement précise et cohérente. L'on a cru pourtant trouver une contradiction entre ce récit d'avant 1560 et celui que, vers 1580, il faisait au Père Valignano^. Mais, en vingt ans, des souvenirs, même personnels, peuvent s'oblitérer, et, avant de nous arriver, ce second récit a passé par un intermédiaire. Il reste que, si nous n'avions pas le récit contradictoire des marchands, celui d'Antoine le Chinois serait accepté sans objection, comme un document de premier ordre.

L'autre version est loin d'avoir les mêmes garanties. Elle ne nous arrive que de seconde main. Quelque confiance que nous accordions aux Pères Nunez et Brandon, ils ne sont pas témoins oculaires. Ils ne sont à l'abri ni des erreurs, ni des oublis, ni même des mystifications. Leurs autorités à eux sont suspectes. Nunez dit tenir sa narration de ft personnes qui étaient présentes » aux événements. Une seule de ces personnes est spécifiée, le pilote : s'il s'agit de François d'Aguiar, c'était un ami du saint. Mais de quel détail Nunez lui est-il redevable ? nous ne savons. Sur le vaisseau, il y avait aussi les gens de don Alvaro de Ataïde, et ceux-là étaient intéressés à donner le change, à se faire passer pour plus zélés qui ne l'avaient été. Sans doute une question de date leur importait peu, mais ncwi pas ce qui pouvait révéler leur véritable attitude, celle que le vice-roi aurait, paraît-il, définie ainsi : « Ataïde a deux fois tué Maître François, à Malacca par lui-même, à San-choan par les siens^. » Il était utile de faire croire à une maladie si rapide que le temps leur avait manqué pour porter au saint les secours nécessaires.

Puis leur version n'est pas sans incohérence. Des témoins oculaires doivent savoir si le saint est mort en pleine nuit ou en plein jour, vers 2 heures du matin ou vers 2 heures du soir.

Les uns disaient au Père Brandon que des Portugais avaient assisté à la mort. Au Père Nunez d'autres racontaient qu'il « s'était consolé avec Dieu seul, et que dans les mains de Dieu seul il avait remis son âme ». Double erreur, s'il est vrai, comme le dit le Chinois Antoine, que lui était là, mais lui tout seul.

Nous croyons donc que, puisqu'il faut faire un choix, l'hési-

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