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faisait prier. Il avait promis trois mille messes d'actions de grâces. Tout à coup, sans cause apparente, un revirement se fit dans l'âme du plus opposant des cardinaux, Guidiccioni. Il consentait à lire le projet qu'on lui soumettait et se déclarait vaincu. Le 27 septembre 1540, par la bulle Regimini militantis ecclesiae, Paul III érigeait la Compagnie en ordre religieux ^
Ce que dut être la joie de notre saint à cette nouvelle, on l'entrevoit par sa correspondance : « Les messes dites par nous pour le cardinal Guidiccioni depuis notre départ, s'élèvent au chiffre de 250. Plaise à Dieu Notre-Seigneur qu'aux Indes, nous nous acquittions du reste. Pour moi, je pense aune chose, c'est que, étant donné la grande consolation que j'ai eue à dire la messe pour ce Seigneur Révérendissime, il gardera, tous les jours que j'ai à vivre, une part dans mes intentions^. »
Cette solennelle approbation de la Compagnie eut sa conséquence immédiate. Les candidats commencèrent à se présenter. A Lisbonne, beaucoup s'offraient pour suivre les deux Pères jusque dans les Indes ; d'anciens étudiants de Paris qui les avaient connus à l'université, deux prêtres, un médecin « qui s'offrait à exercer son art pour le seul amour de Dieu », et beaucoup d'autres. « Mais, disait Xavier, nous avons soin de n'accepter que des personnes... non seulement dégagées de toute avarice, mais si bien au-dessus de tout soupçon que l'on voie que c'est le spirituel que nous cherchons et non le temporel... Si nous arrivions, disait-il encore, à être une douzaine de prêtres ayant même volonté et mêmes desseins, nous ferions beaucoup^. »
Parmi ces recrues de la première heure, un seul suivra François jusqu'aux Indes, un jeune laïque, reçu comme novice par Simon Rodriguez avant l'arrivée de Xavier ^. Ce n'était point un sujet brillant, tant s'en faut. Il avait fait quelques études universitaires à Paris \ Notre saint, qui semble n'avoir été pour rien dans son enrôlement provisoire, écrivait à la veille