Gros, Vie, I, p
h. Mon. Xav., p. 231.
même du voyage : « Mansilhas* n'est pas dans les ordres,... on pourra l'ordonner là-bas, j'espère. Le brave homme a du zèle; il est bon et simple, mais peu instruit. Si don Paul de Gamerino ne partage pas avec lui le surplus de son savoir, nous aurons peine à le pousser aux ordres. Si par aventure on fait quelques difficultés, il désire fort que vous lui obteniez d'être ordonné... adtitulum volontariae paupertatis et sufjîcientissimae simplicitatis'^. 11 a en effet assez de bonté et de sainte simplicité pour suppléera ce qui lui manque de doctrine. Que n'a-t-il fréquenté Bobadilla, un peu plus que Caceres^, il en aurait tiré profit et nous serions moins embarrassés^. »
Ce que Xavier appelait charitablement « une très suffisante simplicité » était, à en croire quelques autres, une ignorance vraiment excessive^. Mais le candidat avait de sérieuses qualités: on pourrait l'instruire. Et puis, à Rome, les Pérès n'avaientils pas admis en principe que, chez les infidèles, des prêtres sans beaucoup de doctrine pouvaient rendre de vrais services? Ce serait le cas pour Mansilhas, et il fut réglé qu'il partirait pour les Indes.
D'autres s'offraient aussi, qu'il était impossible malheureusement d'accueillir. Depuis un an, à l'université de Coïmbre enseignait le cousin de François, le Doctor Navarrus, cédé en bonne forme à Jean lll par Charles-Quint, Sachant la présence à Lisbonne de son parent, il eût voulu se renseigner sur cette Compagnie nouvelle, dont on parlait beaucoup et en sens divers. 11 lui écrivit par trois fois pour l'attirer près de lui. Il recourut même au roi. Mais Xavier avait trop à faire pour s'absenter de Lisbonne. Il s'ensuivit une petite correspondance. S'il est vrai qu'autrefois le canoniste s'était fait le maître de son jeune cousin, les rôles sont maintenant changés. C'est François qui conseille et dirige^.
Au docteur, assez peu content de sa situation et surchargé de
1. On trouve encore orthographié Mansilla, Mansillas, Mansilia, Mandas, Mançi- Ihas, etc.
2. « A titre de pauvreté volontaire et de très suffisante simplicité. »
3. Saint Ignace eut deux compagnons de ce nom, l'un en Espagne, l'autre à Paris. Il s'agit ici du second. Ni l'un ni l'autre ne persévérèrent (Astrain, t. I, p. 65,66, 81).