III. — Le nonce apostolique
Les Indes, les infidèles à convertir, voilà donc ce qui attirait les candidats à la Compagnie. Déjà les Pères avaient pu s'essayer modestement à leur futur apostolat. Deux juifs d'Afrique leur avaient été confiés, parmi lesquels un rabbin, grand docteur en liébreu et en chaldéen^.
Peut-être encore leur fut-il donné de voir de près quelquesuns de ces Asiatiques vers qui le pape les envoyait. Ils ne manquaient pas à Lisbonne, ville cosmopolite. L'esclavage, le commerce, la politique y amenaient des représentants d'un peu toutes les races. Des ambassadeurs indiens, cinghalais, congolais, y venaient plaider la cause de leurs princes et s'en retournaient baptisés. Ou bien les missionnaires faisaient un choix parmi leurs néophytes, et envoyaient à Lisbonne les plus intelligents, comptant les voir revenir un jour instruits et ordonnés prêtres. Dés 1518, Léon X avait donné à ce sujet toutes facilités^. La maison Sainl-Éloi était consacrée à cette œuvre''. Et, justement, quelques mois avant l'arrivée de François à Lisbonne,
' 1. Ibid., p. 235.