‹ Saint François XavierChapitre 94 sur 820 · Mon.. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon.. Xav., p

'(. Bulle Exponi Nohis, 12 juin 1518 (DuUariuni Pationatiis, t. I, p. 121). r>. NA.ZAIIETH, Mitras Lusitanas, t. I, p. 15.

venait d'en repartir pour le Congo un évêque nègre ^ Saint François Xavier put voir d'autres noirs africains que l'on préparait au sacerdoce. Plus intéressants pour lui étaient quatre Indiens, « fils de prince », disait-on, venus dans le même but du Malabar et du cap Gomorin^. Une très curieuse cérémonie venait d'avoir lieu à Lisbonne. Un roi de Geylan, ami des Portugais, voulant assurer à son petit-fils la possession de sa couronne, avait envoyé au roi Jean 111 la statue en or de son héritier; lastatue avait été solennellement couronnée^, et des Franciscains se préparaient à accompagner les ambassadeurs à leur retour*.

Mais cet apostolat des Indiens, si longtemps souhaité, dont la pensée avait obsédé jusqu'à ses rêves, qu'il touchait presque delà main, Xavier allait-il l'obtenir? Voici en efi'et que le départ des deux missionnaires était mis en question. Fallait-il laisser partir des hommes qui faisaient tant de bien à Lisbonne ?

Les uns, ceux-là surtout qui avaient été aux Indes, et avec eux deux évéques, jugeaient qu'en aucune façon les Pères ne devaient rester en Europe. A la condition d'éviter toute apparence d'intérêt temporel, ils feraient aux Indes des fruits merveilleux. C'était aussi l'avis du cardinal infant, don Henri : « On ne pouvait, disait-il, retenir ces Pères, sans troubler l'ordre de la Providence qui ne les avait amenés en Portugal qu'en vue des missions. » D'autres au contraire soutenaient que le ro3'aume devait passer d'abord. On s'occuperait des pays infidèles quand la métropole chrétienne serait réformée. Ainsi pensait le confesseur du roi, et le roi lui-même^.

Déjà l'affaire était à peu près décidée. L'avis du confesseur l'avait emporté. L'année 1540 n'était pas encore écoulée que le roi méditait, pour mieux fixer les Pères en Portugal, de leur fonder une maison à Lisbonne ou à Evora De plus, songeant

1. Gams, Séries episcoporum, p. 472. — Migne, Dict. des Missions, I, p. 1090.

2. Vita de J. de Barros, par M. Severim de Faria, p. xxi, dans les Decadas de Bari'08, Lisbonne, 1778, volume de l'index.

3. Do CouTO, Decadas, D. V, 1. 7, ch. 5, p. 112 ; cf. D. VI, 1. IV, ch. 7, p. 321.

4. Ils partirent, dit Wadding (Annales Minorum^ t. XVI, p. 461, ad annum 1540), avec le capitaine Diogo de Silveira. Or Diogo de Silveira partit en \hk^ (Do Couxo, D. V, 1. IX, cl). 9, p. 359). A leur tête était le P. Jean de Villa de Conde.

5. Mon. Xai>., p. 210-217, 221 ; — Bartoli, Asia, 1. I, n. 15.

toujours à faire prospérer sa chère université de Goïmbre, il voulait obtenir du Père Ignace qu'on lui confiât les jeunes étudiants de la Compagnie: il fonderait pour eux un collège. Déjà François écrivait à Rome qu'on a oulût bien lui envoyer un plan d'études et de discipline. Il voulait savoir les intentions du saint fondateur sur la direction à donner aux « scholastiques », le règlement à leur imposer, ut crescant magis in spiritu quam in Utteris\ afin que, l'heure venue d'entretenir le roi de ce projet, on pût immédiatement satisfaire aux questions qu'il ne manquerait pas de faire. « Qu'on nous bâtisse ici un collège, conclut-il, nous n'y voyons aucune difficulté. Tout le monde est prêt à nous élever des maisons, s'il y a quelqu'un pour les remplir 2. »

Cependant les brefs du pape, confiant aux deux Pères l'apostolat des Indes, étaient parvenus à Lisbonne. « A son cher fils François Xavier, membre de la Compagnie dite de Jésus, professeur en théologie », Paul III conférait le titre de nonce apostolique. II lui accordait quelques pouvoirs pour absolution des cas réservés, commutation ou relèvement des vœux, proclamation d'indulgences, etc. D'autres brefs complétaient celui-là, et recommandaient les missionnaires à la bienveillance des « princes et seigneurs des îles de la mer Rouge, Persique et Océanique » et tout particulièrement à « David roi d'Ethiopie » ^. Saint François Xavier s'en allait donc en Orient, muni d'un titre officiel, représentant autorisé du Souverain Pontife auprès des princes, prélats, magistrats d'outre-mer.

Mais les dispositions pontificales n'allaient-elles pas être contrariées ? Saint Ignace fut informé de ce qui se passait, et des difficultés inattendues qui naissaient de la vertu même de ses

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