‹ Saint François XavierChapitre 99 sur 820 · Gros, t. I, p · texte numérisé non relu

Gros, t. I, p

4. Valignano {Mon. A'af., p. 14) ajoute à Mansilhas et à Paul de Gamerino un frère coadjuteur qu'il ne nomme pas. Il s'appelait Didace Rodriguez. Xavier n'en parle jamais. Aurait-il été arrêté au dernier moment? Aurait-il fait défection? Gros, t. I, p. 481, 487.

5. Autre tradition recueillie par le P. Sébastien Gonçalvez (Gros, t. I, p. 190; cf. SousA, Oriente conquistado, 1. 1, p. 14) mais ignorée par Tursellini, Lucena, Bartoli. Pendant que le saint disait la messe dans la chapelle de N.-D. de Nazareth, à quelque»

A cette heure suprême, une consolation devait manquer à notre voyageur. Alors que le départ n'était plus qu'une affaire de quelques jours, le 4 avril 1541, saint Ignace avait réuni à Rome ceux de ses premiers compagnons qui étaient disponibles. Quatre seulement purent répondre à son appel, Lainez, Broët, Codure et Salmeron, Les autres étaienttrop loin et trop absorbés parle travail. Il s'agissait, puisque la Compagnie était reconnue ordre religieux, de lui donner un supérieur général. On pria pendant trois jours, puis, à l'heure même où Xavier quittait Lisbonne, on dépouilla les votes. Les Pères absents, saut' Bobadilla, avaient laissé ou envoyé leur suffrage par écrit. Lainez produisitcelui de Xavier; il était ainsi conçu : « Moi, François, n'étant mû par aucune considération humaine, n'écoutant que ma conscience, je dis et déclare qu'à mon avis, il faut élire pour chef de notre Compagnie, à qui nous devrons tous obéissance, notre ancien maître et vrai père, don Ignace. Après nous avoir tous rassemblés, non sans de grandes fatigues, il saura mieux qu'un autre nous garder, nous gouverner et nous diriger sans cesse vers une perfection plus haute parce qu'il a de nous une connaissance plus intime. Et, après sa mort (je parle selon les sentiments profonds de mon âme, comme si je devais mourir à cette heure même) je juge que le Père Pierre Le Fèvre doit prendre sa place ; et en cela, Dieu m'est témoin que je parle uniquement suivant ma pensée. En foi de quoi, je signe de ma propre main. Fait à Rome le 15 mars de l'an 1540. François*. »

A l'unanimité, Ignace était élu. Plusieurs autres, comme Xavier, avaient aussi donné leur suffrage hypothétique à Le Fèvre. Lui, Le Fèvre, disait : « Je vote tout d'abord pour Ignace,

pas delà, deux gentilshommes vidaient une querelle les armes à la main. L'un d'eux tomba mortellement blessé. Les témoins coururent chercher un prêtre. François, sa messe achevée, se rendit près du mourant et le confessa. Quand il fallut obtenir un acte de pardon pour le meurtrier, le malheureux refusa. « Plutôt l'enfer », disait-il. — « Mais, dit alors le saint, si Dieu vous accordait la vie, pardonneriez-vous ? » Le jeune homme, à cette question, resta comme interdit. Enfin il répondit qu'il pardonnerait si Dieu lui rendait la vie. François se mit à prier, demandant à Dieu de sauver le corps pour que l'ûme fût sauvée du même coup. Sa sentant exaucé, il déclara que le mourant survivrait. Tel fut son air d'autorité que celui-ci, subjugué, pardonna; et il guérit comme le saint l'avait promis.

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