‹ Saint François XavierChapitre 98 sur 820 · M0/J. Xau., p · texte numérisé non relu

M0/J. Xau., p

3. « Utile et nécessaire à son peuple » ; allusion aux paroles de saint Martin mourant. — Mon. Xat>., p. 240. Cette lettre est du 18 mars. L'audience dont il y est fait mention est donc un peu antérieure.

Dans la suite, à l'exemple de saint François Xavier, aucun missionnaire ne partit pour les Indes sans avoir demandé une entrevue au roi. C'était bien le moins, puisqu'il allait faire le voyage aux frais de la couronne; et que désormais, toute sa vie durant, le trésor se chargerait de son entretien. Bertrand, La Mission du Maduré, t. IV, p. 378.

' Le départ annuel de la flotte avait quelque chose de solennel et de poignant. Celui de nos grands transports actuels, fréquent, régulier, n'en peut donner l'idée. Les partants avaient tant de chances alors de ne s'embarquer que pour aller à la mort! Aussi toutes les semaines, en certains couvents, l'on chantait la messe des anges pro navigantibus'^ . La plage de Restella où se faisait le chargement, aurait dû, disait-on, s'appeler la plage des larmes. Plus d'un se préparait au voyage comme au passage suprême, se confessait, dressait son testament. Les prêtres avaient pouvoir d'absoudre des cas réservés. Depuis le jour où Gama, s'aventurant vers l'inconnu, avait fait, en une petite chapelle dédiée à Marie, sa dernière veillée de prières, il était de tradition chez les passagers de se réunir dans le sanctuaire de Notre-Dame de Nazareth, au faubourg de Belen, en aval de Lisbonne. Or, cette année-là, il y avait une raison de plus pour se presser nombreux dans la chapelle. Paul III, le 27 février 1540, avait accordé la grâce du jubilé aux garnisons destinées auxforteresses des Indes, ainsi qu'aux fidèles qui prieraient Dieu pour le succès des armes portugaises, et c'était la première fois qu'on allait pouvoir profiter de cette faveur 2.

Peut-être y eut-il alors une sorte de mission dont notre saint profita pour aider les passagers à mettre ordre aux affaires de leur âme.

Enfin le moment vint de mettre à la voile. Une foule était accourue pour saluer le voyageur. Une tradition locale ^ dit que les religieux du couvent voisin de Belen apportèrent une chaire mobile. Xavier prêcha. Pour la dernière fois, sa parole d'apôtre se fit entendre sur le sol d'Europe. Puis, avec ses deux compagnons^, il s'embarqua. On était au 7 avril 1541, anniversaire de sa naissance. Il avait trente-cinq ans^.

Page 1