‹ Saint-Gervais de Rouen: Église et paroisseChapitre 10 sur 25 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Peuples qui souhaitez d'avoir quelque allégeance. Parmi tous vos malheurs, et l'excès de vos maux ;

Venez ici prier avec grande révérence.

Et vous serez aidez de ces Frères jumeaux.

Aprenez de ces SaiDts la merveillense Vie, Leur sang était illustre, et Notables leurs Parens,

Leur père fut Vital, leur mère Valérie, Qai laissèrent leurs Fils dès leurs plus tendres ans.

Les jeunes orphelins, abandonnant le monde.

S'enfermèrent enfin tous deux dans leur maison, Et par une faveur qui n'eut point de seconde. Ils vaquèrent dix ans dans la sainte Oraison.

Ils donnèrent leurs biens aux pauvres misérables. Et leurs serviteurs mirent en grande liberté :

Envers les affligés, ils furent pitoyables.

Et chacun ressentit leur grande charité.

Mais comme l'ennemi de la race mortelle, Ne put souffrir l'éclat de ces grandes Vertus, Ce démon leur suscite une rude querelle, Et pour les tourmenter, il les pense abbatus.

Anastase est l'instrument de ce combat terrible, ^ C'est ce cruel tyran qui leur cause la mort ; Pour gagner leurs esprits, il fait tout son possible, Mais leurs cœurs et le sien ne- tombent pas d'accord.

Il tâche à les avoir par de belles paroles, Il les flate, il les prie, il leur promet son cœur.

S'ils veulent seulement adorer ses Idoles, Et rendre à leurs Autels un immortel honneur.

Ces grands saints animés d'une force puissante. Se mocquent du Tyran, et br^ivent les faux Dieux : Ils lui montrent qu'il est aveuglé d'ignorance, Et qu'il n'est point de Dieu, que le Maître des Gieux.

Alors ce cœur altier échauffant son courage.

Éclate hautement contre ces innocens, Et leur fait ressentir les effets de sa rage, /

Pour avoir à ses Dieux refusé de l'encens.

Leurs corps depuis ce temps font toujours des miracles.

Les aveugles par eux reçoivent guérison :

Qui veut donc être aidé de ces divins oracles, Qu'il vienne à leur autel faire son oraison.

» Il y a indulgence plénière de la confrérie de la Charité de Saint-Gervais, en entrant dans ladite confrérie, à l'article de la mort, et le dimanche dans l'octave de saint Gervais, Il y a indulgence de sept ans et de sept quarantaines.

La fête de la translation de saint Gervais est le troisième dimanche de TAvent. La fête de saint Vital et de sainte Valérie est le dernier dimanche d*avril. La fête de sainte Honorande est le deuxième dimanche de juillet.

> Jacques Yveun, maître en charche en 4745. >

Les statuts de la confrérie de la Charité ont été renouvelés en 1509.

En 1522, on supprima dans le diocèse de Rouen la fête de saint Gervais et de saint Protais, mais elle ne cessa point d*étre célébrée dans les églises dont les martyrs de Hilan étaient les saints patrons.

La châsse de saint Gervais, qui était de bois doré et avait la forme d*une chapelle, dans les processions, était précédée de porteurs de croix à bannières et de chandeliers et cierges; elle était suivie par le clergé de la paroisse et par la Charité.

Il y avait aussi dans le trésor de Téglise une châsse trèsancienne, de bois doré, qui renfermait des ossements de sainte Honorme, martyre et patronne de Grâville (près du Havre), parce que c*est sur son tombeau que l'église de ce village fut élevée ^. Ces reliques étaient : Fos du fémur, une partie des isles, c'est-à-dire de la hanche, et une partie de Tos du tibia, qui furent données par les abbé et couvent de Fécatnp. Cette châsse, ornée de fruits nouveaux et de fleurs, était portée aux processions générales qui se faisaient aux Rogations.

Plusieurs personnes fort honorable^, dans le but d'apporter quelque soulagement aux maux dont la classe indigente est souvent accablée, tentèrent de former une société de bienfaisance. Des statuts furent rédigés et soumis à l'autorité municipale, qui autorisa, le 14 octobre 1820, les sieurs Antoine Beux, Pierre Mazurier, Laurent Pâté, Alexandre Godet et autres habitants du quartier Saint-Gervais à se réunir en

* |L*abbé Cochet, « Les Églises de rarrondissement dn Hayre, » t. i, p. 81*

Société de secours mutuel, sous le nom de Saint-Gervaù^ dans un local situé dans la rue de ce nom, n^ 5â, à la charge de se conformer aux règlements qui régissent ces sortes d'associations.

Les statuts de cette Société ont été publiés dans une brochure de vingt-quatre pages.

SAINT BlfULON.

« La fête de saint Mellon, chômée aux temps des anciens échiquiers (ainsi Tattestaient « plusieurs saiges qui de ce avoient veu user par cy-devant »), redevint fête du palais, par arrêt solennel de TÉchiquier (21 octobre 4484). On crut cet honneur dû à « Monsieur saint Mellon, archevêque de Rouen, » lequel, dit Tarrét, « avoit apporté la foi au dict lieu de Rouen, » Il fut donc décidé que sa fête, « solempnizée en la grant église Nostre-Dame de Rouen, seroit aussi fêtée et solempnizée par la Cour de TEscbiquier de présent et d'ores en avant, et commandé fut icelle déclaration entretenir et garder ^ »

A Foccasion d'une inondation de la Seine, Guillaume de Flavacourt, archevêque de Rouen, fit placer (1296) les reliques de saint Mellon dans une magnifique châsse, en présence de son grand-vicaire Hugues de Bethléem.

Au XIV® siècle, un ofiSce en l'honneur de saint Mellon fut composé par un chanoine de la cathédrale nommé Gui Rabâcher 2.

Les moines de Fécamp emportèrent dans leur monastère, lors de l'invasion des Anglais et des Bourguignons au xv« siècle, toutes les reliques qui se trouvaient dans l'église de Saint-Gervais, entr'autres celles de saint Mellon et de saint Thomas de Cantorbéry, qu'ils gardèrent dans la chftsse de

* Floqnet, a Histoire da Parlement de PCormandie, » t. i, p. 204. ' Farin, « Normandie chrétienne, » p. 140.

saint Théodore, martyr, et dont la forme était celle d'un petit coffret de cuivre émaillé. Ils emportèrent aussi un petit coffret de cristal renfermant un petit morceau de la vraie croix et du suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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