‹ Saint-Gervais de Rouen: Église et paroisseChapitre 11 sur 25 · PROCESSION DU LUNDI DES ROGATIONS · texte numérisé non relu

PROCESSION DU LUNDI DES ROGATIONS

Le lundi des Rogations, tout le clergé de Rouen se rassem* blait dans l'église cathédrale. On chantait l'antienne Exurge, Domine, etc., pendant qu'on encensait les autels et que la procession se préparait à se rendre à Saint-Gervais. En sortant par le portail Saint-Romain , un chantre commençait par : « De Jérusalem exeunt, » puis, « Cum jocunditate, » et autant d'autres chants qu'il était nécessaire, suivant la volonté du chantre, et selon les saints patrons des églises sur le territoire desquelles la procession passait. On chantait ensuite sept psaumes, puis quand la procession était parvenue à Saintr-Gervais, on chantait le répons Concède. Un prêtre disait le verset et l'oraison, puis prêchait devant le peuple. Le sermon terminé, on se prosternait en récitant des prières; un chantre commençait le répons des saints : constantia martyrum', puis on se retirait.

Alors trois chantres du siège supérieur commençaient la litanie : Humili prece et sincerâ devotione ; et le chœur répondait et chantait jusqu'à la chapelle de Saint-Nicolas de Beauregard au cimetière Saint-Maur. Quand la procession arrivait à l'entrée de l'aître de la chapelle de Saint-Nicolas, on cessait la litanie et le chantre commençait ce répons : Quâdam die, et le chantait en passant devant ladite chapelle. Après le répons, le prêtre disait le verset : Ora pro nobis B, Nicolae, ensuite l'oraison Deus qui beatum Nicolaum. La procession s'en retournait, un chantre commençait ce répons : Eic ejus tumbâ. Ensuite, trois chantres du second siège reprenaient la litanie où les chantres du siège supérieur l'avaient laissée.

et chantaient jusqu'à Fendroit qu'on appelle la Crosse, où ils la finissaient par les deux dernières strophes dont la dernière est grecque. « La procession va sur le bord des fossés dans lesquels il y a des tours, des écoutes ou voûtes et plusieurs échos qui retentissent de ces beaux chants avec leurs cadences. On ne peut rien entendre de plus agréable, ni de plus charmant i. » Arrivés à la Crosse, on y faisait station; quand les chantres avaient cessé de chanter, un seul chantre commençait Tantienne : « Isti sunt viri sancti, » puis le prêtre disait le verset et l'oraison. De là la procession se séparait et les chantres reprenaient la litanie Audcme Dei, etc. , qu'ils finissaient au chœur 2.

Nous ajouterons que, près de l'église de Saint-André du faubourg Cauchoise, il y avait un magnifique reposoir où l'on posait les châsses qui se portaient aux processions, savoir :

La châsse de Notre-Dame,

— de Sainte-Anne,

— de Saint-Sébastien,

— de tous les saints,

— de Saint-Sever,

— de Saint-Romain.

Depuis le commencement du dernier siècle, on ne porte plus la châsse de Notre-Dame-de-Pitié, qui appartenait à une confrérie fondée à l'église Saint-Jean, la châsse de Saint-Herblanc, la châsse de Sainte-Ursule, mais on n'oublie jamais de porter celle de Saint-Gervais, ornée de fleurs et de fruits.

Dans ces processions, on portait les bannières des confréries des Saints-Innocents, de Saint-Sébastien, de Saint-Barthélémy, de Saint-Jacques, de Saint-Christophe, de Sainte- Anne et de Saint-Sever, suivies des maîtres et confrères de ces confréries.

^ De Moléon (Lebrun des Marettes), « Voyages Uturgiqaes en France, » p. 344.

^ « R. P. Johannis Abrincensis episcopi, deinde Rotomag. arch. liber de officiis ecclesiasticis, 1679. » P. 171.

SOURCE SAllNT'FILLEUL.

VUB DE LA SOURCE DE SAINT FILLEUL, B!f iim,

d'après le Livre des Fontaines.

La source d*Yonville, autrement dit de Saint-Filleul, est le premier baptistère de nos contrées. Tout semble corroborer notre assertion. D'abord le nom du trésorier des finances de Clotaire P% roi de Soissons ; ensuite sa situation au bas du premier cimetière chrétien ; puis cette rue du Bas (qui se dirige delà ville vers la source), et dont on a tronqué le nom, car nous la voyons dans le Livre des Fontaines portant la rue du Bastême,

Dans le manuscrit si connu sous le nom de Livre des Fonn tmnesy nous avons vu trois fois répété les mots de rue du Bastème dans la page 8 ou verso de la quatrième feuille de Tarticle intitulé : Source d'Yonville.

Espérons que bientôt la rue du Bas reprendra son an^ cienne appellation.

Les eaux de la source dTonville viennent d'une montagne que Ton nomme Pestel, et le réservoir de la source, connu sous le nom de Sain|~Filieul, est situé à quelques pas de la rue du Renard. L'entrée, bâtie en pierre et surmontée d'une petite et modeste chapelle, s'ouvre sur un escalier de trente-

eînq mtrcbes, au bas duquel se trouve» du côté gtuche, le réservoir de la source qui jauge à peu près 4 mètres, cubes. En face de Tescalier est un canal de S pieds environ de large sur 6 de hauteur, au milieu duquel est une petite rigole qui reçoit les eaux de trente-deux pleureurs. Le canal peut avoir une centaine de pieds de profondeur. Son histoire se trouve sur une plaque de marbre noir scellée dans la muraille et sur laquelle on lit Tinscription suivante :

Régnante Ladovico XV,

Ex terr» visceribus, recipientes aqaam

Hic fictiles cunicuH,

Improviso limo elim obstnicti,

FonUs piiri jayamen civitati RothMsagemi

Recasârant.

Ayi et proavi, variis temporibas, labore operoso

CanicDlos Jymphs flaenli parentes

Restitaére.

Nanc arget ad bac rediviva coUaYies :

Ergo ad nltimos osqae nepotes

Unde sabterraneam facilius delar iter,

Sic ab infimis gradibus aqasdoetani xx bexapedâm

Contrai in fornicem, lapide perenni,

Goncllio decreverant

J. L. G. Gallois de Maqaerville, miles, mijor,

F. L. Bigot, G. N. Bordier,

P. J. A. Levavassear, Em. L. Lenoble,

P. Léo Davergier, Eques,

G. J. B. Prosper Deschanops, Eques ^Ediles,

F. M. Durand, procurator régis et urbis.

M. DCCLXVIII.

Les travaux, pour conduire les eaux de cetîe source dans Rouen, furent commencés en 4510, mais en 1515 Ton arrêta le cours à une cuve, rue du Chouquet, puis en 1518 ^ Ton continua ces beaux canaux jusque dans la ville. La plus

* Pferin, édition du Souillet, v^ partie, p. 27.

grande partie de la dépense fut payée par la munificence de Guillaume Leroux, seigneur du Bourgtheroulde, et conseiller au Parlement de Normandie ^. De la cuve Saint-Filleul les eaux vont se jeter dans un autre réservoir qui dépend de l'Hôtel-Dieu, et après avoir fourni à ce magnifique établissement deux pouces d'eau, un tuyau de plomb conduit les eaux par la rue du Lieu-de-Santé, alimente, par embranchement, la rue de Crosne, traverse le boulevart, passe rue de Fontenelle, places du Vieux-Marché, de la Pucelle, d'où un tuyau de décharge se termine à la place Henri IV, et la branche principale se dirige vers la fontaine Lisieux, après un nouvel embranchement pour le port.

Voici la liste des fontaines qu'alimente la source Saint- Filleul, et la date de leur érection :

4257, des Cordeliers, au coin de la rue Nationale.

4544, de la rue de Fontenelle, près la Préfecture.

4544, de la place du Vieux-Marché.

4520, de la rue de Fontenelle, près la rue Racine.

4529, de la rue de Crosne.

4540, de Lisieux, rue de la Savonnerie.

4559, du Vieux-Palais^ actuellement place de Henri IV.

4560, de Saint-Vincent, rue de la Vicomte.

4560, de la Pucelle, place de la Pucelle d'Orléans. 4590, de la Petite-Boucherie, sur le port.

Produits de l'eau de Ui source d'Yonville, prise à la fontaine de Lisieux ^,

. Terre calcaire 1 gros 25 grains.

Sélénite » 42

Sel marin. — Sels non déliquescens » 21

Nitre à base terrense. J

Un peu de «ei marin > Sels déliqnescens » 30

à base terrense. i

2 gros 46 grains.

^ Legnillez, « Lettres sur Ronen, » p. 85.

2 Ce rapport est extrait du célèbre onyrage : « Collections d'observations sar les maladies, etc., » par Le Pecq de la Glôtare, p. 256 et 259.

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De la proportion des différentes matières contenues dans ces eaux.

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de Teaa.

par livre.

par pinte.

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