LEÇON IV
Ex epistoU sancti Ambrosii épiscopi ad Marcellinam sororem.
Quia nibil sanctitatem tnam soleo eoram prsterire qa» te bic gerantar absente, scias sanctos martyres k Dobis repertos. Nam cùm ego basilicam dedicâssem , multi tanqaam nno re interpellare caeperunt dicentes, sicnt Romanam, sic basilicam dedices. Respondi, faciam si martyram reliqnias invenero. Statimque subiit Yelati cajasdam ardor prssagii. Quid multa? Dominiis gratiam dédit. Formidantibas clericis jassi eruderari terrain eô loci qui est antè cancellos sanctorum Felicis et Naboris. Inveni signa convenientia; adhibitis etiam quibus per nos manas imponenda foret; sic sancti martyres eminere espérant, ut nobis adhac silentibas arriperetur nna et sterneretnr prona ad locum sancti sepnlcbri. Invenimas mir» magnitudinis Yiros dnos, ut prisca œtas ferebat.
Ossa omnia intégra, sanguinis plarimum. Ingens populi concarsus per totum illud biduùm. Quid mnlta?
Gondidimus intégra : ad ordinem transtnlimus, vespere Jàm incumbente. Ibi vigiliae totâ nocte et manùs impositio. Sequenti die, transtnlimus ea in acclesiam quam yocant Ambrosianam.
De la lettre de saint Ambroise k sa soeur Marcelline.
Puisque, pour ^tisfaireYOtre piété, Je suis dans l'babitude de yous informer de ce qui se passe ici pendant Yotre abscence, j'ai la satisfaction de Yous apprendre que nous aYons trouvé des martyrs. Car, comme J'avais consacré une basilique, le peuple me demanda tout d'une voii de la dédier comme la basilique romaine.
Je le ferai, répondis-je, si Je trouve des reliques de martyrs. Je sentis aussitôt comme une ardeur d'un heureux présage. Que dirais-Je ? C'est une faveur que le Seigneur m'a accordée. J'ordonnai, malgré la crainte de mon clergé, de faire des fouilles devant la balustrade de l'autel de saint Félix et de saint Nabor. J'ai trouvé des signes indicateurs. Ayant fait approcher ceux auxquels Je devais imposer les mains, la présence des saints martyrs se fit alors si visiblement sentir, qu'avant d'avoir rompu le silence, une possédée fut saisie du démon et jetée k terre au lieu même où était le saint tombeau. On trouva deux corps d'une grandeur surprenante, et tel qu'on nous dépeint les premiers hommes. Tous les os intacts, beaucoup de sang. Il y eut pendant deux jours un grand concours de peuple. Qu'ajouterai-je ?
Nous avons remis tont à sa place, et sur le soir on les transporta procèssionnellement. On célébra des veilles toute la nuit, et plusieurs reçurent l'imposition des mains. Le lendemain les reliques furent transférés à la basilique que l'on appelle Ambroisienne.
Homilia sancti Âugustini episcopi.
Celebramos hodierno die, fratres, memoriam in hoc loco positam sanctpram Gervasii et Protasii Mediolânensium martynim.Non eam diem qao b)c posita est : sed eam diem hodiè celebramns, qnandô inventa est pretiosa in conspectu Domini mon sanctorum ejns per Ambrosinm Episcopom bominem Dei cujns tanc tant» memoris martyram etiam ego testis fui.
Ibi eram, Mediolani eram. Facta miracula nori : attestante Deo pretiosis mortibns sanctoram snornm, Ht per illa miracula jam non solùm in conspectu Domini, sed in conspectu bominum foret mors illa pretiosa. Gscns notissimus univers»
civitatis illuminatus est. Gucurrit, adduci se fecit, sine duce rerersus est. Nondum audivimus quôd obierit; forte adbuc vivit. In ipsâ eorum basilicâ» ubi sunt eorum reliqui», totam vitam suam serviturum se esse devovit. Nos illnm gavisi sumus videntem, reliquimus ser- Yientem. Non cessât Deus attestari, et novit quomodô ipsa miracula sua debeat commendare , novit agere ut magniGcentur, novit agere ne vilescant. Non omnibus donat per martyres sanitatem, sed omnibus promittit imitatoribus martyrum immortalitatem.
Homélie de saint Augustin, évoque.
Nous célébrons aujourd'hui, mes frères, la fête établie dans ce lieu en rbonneur de saint Gervais et de saint Protais, martyrs de Milan. Ge n'est point k cette époque qu'ils sont morts; mais nous avons choisi ce jour, parce que c'est celui où un homme de Dieu, l'évéque Ambroise, retrouva ces saints dont la mort a été précieuse aux yeui du Seigneur.
Moi-même j'ai été témoin des grands honneurs rendus à ces martyrs.
J'y étais, j'étais à Milan; j'ai connu les prodiges qui s'y sont opérés. Dieu attestant par ces miracles que non-seulement la mort de ses saints était précieuse aux yeux du Seigneur, mais encore précieuse aux yeux des hommes, un aveugle trèsbien connu de toute la ville recouvra la vue. Il vint avec empressement, il se fit conduire , mais il retourna sans guide. Nous n'avons point entendu dire qu'il soit mort ; peut-être est-il encore en vie. Il fit vœu de servir toute sa vie dans la basilique même où reposent leurs reliques ; et c'est dans cette condition que nous Favons laissé, après avoir partagé la joie de sa guérison. Dieu ne cessa de donner de semblables témoignages et il sait rendre recommandables ses miracles eux-mêmes ; il sait les faire honorer et les préserver du mépris.
Il ne rend pas à tous la santé par l'intercession des martyrs, mais il promet l'immortalité k tous ceux qui les imitent.